
Roland Lescure ne perd pas espoir. Après l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, «j'espère qu'on arrivera à voter un budget de l’Etat», a affirmé le ministre de l'Economie et des Finances sur BFM TV, ce mercredi 17 décembre, à l’occasion d’un événement regroupant des dirigeants d'entreprises organisé par L’Express. Mais «5,3 % [de déficit], ça ne passe pas», a-t-il ajouté, évoquant ainsi le projet de budget après son adoption au Sénat.
«La balle est dans le camp des sénateurs et des députés», a rappelé Roland Lescure, assurant «qu’il y a un chemin pour y arriver». C’est désormais à la commission mixte paritaire (CMP), réunie ce vendredi, de jouer. Les parlementaires essayeront de trouver un compromis sur le texte. «Il faut trouver l'équilibre entre ne pas avoir de budget, avec un risque d'incertitude politique, économique et financière, y compris pour les entrepreneurs, et un budget qui reste raisonnable», a annoncé le locataire de Bercy.
Roland Lescure, «gardien du temple»
Roland Lescure a conscience de sa responsabilité au sujet de l’adoption du budget 2026, et il ne se cache pas : «C'est un peu mon rôle [de ministre de l'Economie et des Finances], ça fait deux mois que je me considère un peu comme le gardien du temple», explique-t-il, avant d’ajouter : «Parfois, ça me donne quelques critiques mais c'est mon job. Il faut parfois une voix de la raison qui peut paraître un peu sévère».
Pour Jean-François Husson, le rapporteur (LR) de la commission des Finances du Sénat, ce budget n’est pas tenable. «Il faut encore travailler la copie. Sauf qu’aujourd’hui, on a un gouvernement qui estime que c’est au Parlement de construire le budget», déclare-t-il auprès du Parisien. «Chacun se renvoie la patate chaude. La réalité, c’est que tout le monde est un peu responsable. Pour passer le budget, il faut faire des concessions», estime, quant à lui, l’entourage de Roland Lescure.


















