
Alors qu’un budget pour 2026 va bientôt être adopté, Pierre Moscovici, membre de la Cour des comptes européenne, semble toutefois partagé sur la situation budgétaire du pays. Invité sur le plateau de LCI dimanche 1er février, l’ancien ministre a admis qu’il valait mieux pour la France «avoir un budget que ne pas en avoir», et s’est dit «soulagé» que les débats soient sur le point d’arriver à leur terme.
Mais l’ancien président de la Cour des comptes s’inquiète de la méthode utilisée dans ce budget, et du calendrier retenu. D’abord, il rappelle que le budget n’a pas été adopté dans l’année civile, pour la première fois dans la Ve République, ce qu’il qualifie de «situation de relatif désordre». Une instabilité qui, pour l’ancien ministre, pourrait bien affaiblir la crédibilité du pays.
Une trajectoire insuffisante
Sur le fond, Pierre Moscovici trouve que la trajectoire budgétaire qui sera votée avec ce futur budget 2026 reste insuffisante. Le rythme de redressement des comptes reste trop lent pour l’ancien ministre, même en visant un déficit public à 5 % du PIB, un objectif dont certains doutent qu’il soit atteignable en pratique. Selon lui, cette condition de réduction du déficit est pourtant incontournable pour retrouver une souveraineté nationale.
L’ancien président de la Cour des comptes rappelle : la dette pèse de plus en plus lourd avec 75 milliards d’euros de charges annuelles à rembourser, alors que cette somme s’élevait à 35 milliards d’euros en 2021. Selon lui, en 2029, le montant de la dette devrait augmenter «allègrement vers 100 milliards en 2029», ce qui ne va pas dans le sens de l’objectif d’une dette sous les 3 % de déficit. Or, cet objectif est un seuil à partir duquel la dette commence à décroître. «Ce budget n’aggrave pas la situation, mais l’améliore trop lentement» martèle-t-il. Et il conclut : «je suis soulagé qu’il y ait un budget, mais nous ne sommes pas sur le bon rythme».


















