
La situation était redoutée. Faute d’un accord trouvé entre sénateurs et députés réunis en commission mixte paritaire (CMP) vendredi 19 décembre, une loi spéciale vient d'être présentée en Conseil des ministres par le gouvernement, lundi 22 décembre, afin de pouvoir permettre l’encadrement des dépenses de l’État et de ses administrations pour l’année à venir. Alors que les discussions sur le budget de l’État semblent bloquées, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, continue de mettre la pression sur les parlementaires pour que la France se dote rapidement d’un budget avant «la fin janvier». Quant à la loi spéciale préparée par l’exécutif, celle-ci ne serait qu’un «service minimum».
Une stratégie gouvernementale loin de plaire au député LFI et président de la Commission des finances à l’Assemblée nationale, Éric Coquerel, qui estime que l’on «inquiète beaucoup les Français». Invité ce lundi 22 décembre au micro de RTL, l’élu de la 1re circonscription de Seine-Saint-Denis a ainsi estimé que toutes ces mises en garde contre une loi spéciale sur le budget n’ont qu’un seul objectif : «faire une pression sur l’Assemblée pour qu’elle vote un nouveau budget le plus rapidement possible.»
Vers une utilisation de l'article 49.3 ?
Si la situation semble pourtant bel et bien dans une impasse, pour Éric Coquerel, celle-ci ne va toutefois pas devenir «catastrophique» en cas de mise en place d’une loi spéciale. Pour l’élu, toute la faute reposerait ainsi sur les épaules de l’exécutif. «Le problème, c’est l’affolement que crée le gouvernement. Avec la loi spéciale, vous reproduisez les recettes de l’année précédente. Puis, vous avez des décrets qui décident des dépenses», a-t-il expliqué. Toujours selon les déclarations du parlementaire, jouer la carte de l’affolement a un effet nuisible à la fois pour l'économie mais également pour le climat ambiant. «C’est vrai qu’on ne peut pas durer toute l’année sur une loi spéciale, mais là, pour l’instant, ce n’est pas un drame», a-t-il appuyé auprès de nos confrères.
Mais alors que le temps presse pour l’exécutif, l’élu insoumis a également donné ses prédictions sur l’avenir du budget, quitte à tirer des plans sur la comète. Pour Éric Coquerel, le gouvernement va ainsi continuer la navette parlementaire qui a été initiée ces dernières semaines, puis va tenter «un 49.3 parce qu’ils veulent réimposer un budget rapidement».


















