
Au pied du mur, Sébastien Lecornu a tranché. Après une longue hésitation, le Premier ministre a choisi de recourir à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget 2026, malgré sa promesse initiale de ne pas y avoir recours. Cette décision permet au gouvernement de passer outre le vote de l’Assemblée nationale, sauf si une motion de censure est adoptée. Selon Le Monde, Sébastien Lecornu a préféré cette option à celle des ordonnances, un outil jamais utilisé pour le budget.
Une décision qui a été confirmée par le gouvernement quelques minutes avant l’ouverture du conseil des ministres exceptionnel prévu ce lundi 19 janvier à 16 heures à l’Elysée, où le Premier ministre devait s’exprimer aux côtés de la porte-parole Maud Bregeon. La Constitution offrait au Premier ministre deux solutions : engager sa responsabilité sur le texte via le 49.3 ou recourir à une ordonnance. Sébastien Lecornu a longuement évalué ces deux pistes avant de trancher.
«La moins mauvaise des solutions»
Le 49.3 lui permet d’éviter le vote des députés sur le budget, en s’assurant que la motion de censure, pour faire échouer le texte, n’aboutira pas. Pour cela, il compte notamment sur l’abstention des députés socialistes. L’activation du 49.3 n’a pas manqué de susciter des réactions immédiates. Les députés de La France insoumise (LFI) ont d’ores et déjà annoncé le dépôt d’une motion de censure, a confirmé leur présidente Mathilde Panot sur compte X.
Du côté de la majorité, certains parlementaires reconnaissent toutefois la nécessité de ce choix. «Le 49.3 n’est pas la solution que j’aurais privilégiée en tant que parlementaire, mais si c’est la solution choisie, c’est que le Premier ministre n’avait pas d’autre choix. C’est la moins mauvaise des solutions», a réagi Prisca Thevenot, députée d’Ensemble pour la République.


















