
Ynsect, la start-up spécialisée dans l’alimentation à base d’insectes arthropodes, fait des vagues. L’entreprise, liquidée judiciairement en décembre 2025, a levé près de 600 millions d’euros, dont 148 millions d’euros d’argent public entre 2012 et 2025, a confirmé Bercy auprès de l’AFP. Un investissement très ambitieux lors de son lancement, mais qui n’a porté aucun fruit.
Et dans le contexte budgétaire tendu actuel, cet investissement fait tache. En décembre dernier, l’entreprise a été décrite par François Ruffin comme «un cas d’école d’argent public jeté par les fenêtres», selon France 3. Du côté de la BPI, qui a soutenu le projet, le directeur général Nicolas Dufourcq se défend auprès de l’AFP. «Des entreprises qui produisent à base d’insectes, il y en a trois en France, on les a toutes financées. Il y en a deux en train de réussir, et il y en a une qui est tombée», explique-t-il, dans une déclaration relayée par France 3.
Un projet trop ambitieux, sans rentabilité.
Parmi les voix les plus offensives, celle de David Lisnard, maire de Cannes (LR) et président de l’Association des maires de France, n’est pas passée inaperçue. Sur X, le maire critique vertement un projet censé «nous apprendre à manger des insectes» qui a surtout abouti à «dévorer les contribuables». Il qualifie l’objectif de l’entreprise d’«écologie chic hors-sol», car la start-up a longtemps été présentée comme une vitrine de l’innovation française.
Ynsect devait nous apprendre à manger des insectes. À la fin, ce sont les contribuables qui se font dévorer et les comptes publics qui ont le cafard.
— David Lisnard (@davidlisnard) January 30, 2026
150 millions de financements publics envolés.
Écologie chic hors-sol, addition bien réelle. L’étatisme est une mante religieuse.… https://t.co/jtaVUJPAWp
Sur le terrain aussi, les témoignages des employés sont plus sombres. Dans le Jura, où se trouve l’un des sites historiques de la start-up, les objectifs de production n’auraient jamais été atteints, en raison de machines inadaptées et de contrats irréalistes. Pour ces raisons, l’entreprise avait d’ailleurs été placée en redressement judiciaire en mars 2025. En tout, après sa liquidation, ce sont 137 employés sur 200 qui ont été licenciés.


















