Des coupes sont à venir dans les effectifs d’agents de la fonction publique. Michel Barnier, le Premier ministre, avait prévenu dès jeudi 3 octobre : «On va fusionner des services publics, on va sans doute ne pas remplacer tous les fonctionnaires quand ils ne sont pas en contact direct avec les citoyens et tous les fonctionnaires qui partent en retraite», a-t-il déclaré sur France 2. Mais finalement, les suppressions de postes ne seront pas aussi importantes qu’on aurait pu l’imaginer. Au total, en net (créations - suppressions de postes), 2 201 équivalents temps plein (ETP) devraient disparaître l’an prochain, d’après le projet de budget pour 2025, présenté ce jeudi 10 octobre. A titre de comparaison, plus de 100 000 départs à la retraite sont attendus la même année.

Pour «répondre aux enjeux de souveraineté de notre pays», comme l’a expliqué le cabinet de Guillaume Kasbarian, le ministre de la Fonction publique, lors d’un échange avec la presse, les effectifs de certains ministères seront renforcés ou maintenus (+700 ETP pour les Armées, +619 ETP pour la Justice dont 270 ETP dans les services judiciaires et 349 ETP au sein des administrations pénitentiaires, un schéma d’emploi stable pour l’Intérieur). Mais ces efforts «vont devoir s’équilibrer par une baisse d’effectifs dans d’autres ministères», a poursuivi l’entourage de Guillaume Kasbarian.

Plus de 4 000 postes d’enseignants supprimés

L’Education nationale en sera la principale victime avec une suppression nette de 2 030 ETP. Dans le détail, plus de 4 000 postes d’enseignants vont disparaître dès l’an prochain, et ce, en raison de «la baisse du nombre d’élèves qui devrait s’accélérer, avec 97 000 élèves en moins à la rentrée 2025», justifie le ministère de l’Education nationale, dans un dossier de presse diffusé ce jeudi également. Dans le même temps, pour renforcer l’inclusion à l’école, le gouvernement prévoit de créer 2 000 ETP d’accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH).

Le ministère du Budget et des Comptes publics ne sera lui non plus pas épargné par les coupes dans les effectifs, avec la suppression de 505 ETP prévue en 2025. Celle-ci sera permise «notamment grâce aux gains de productivité générés par les outils informatiques, dont l’intelligence artificielle», mais aussi grâce aux «efforts de simplification» du ministère, notamment avec «le prélèvement à la source qui a nettement contribué à la limitation du besoin en contrôleurs des impôts», détaille le ministère de la Fonction publique.

500 emplois d’agents de France Travail également supprimés

Au ministère du Travail, ce sont 973 ETP qui vont disparaître l’an prochain, et notamment chez France Travail (-500 postes à temps plein). Une baisse que le gouvernement justifie par la diminution du chômage… alors qu’au 1er janvier 2025, l’intégralité des allocataires du RSA seront automatiquement inscrits à France Travail et donc accompagnés par un conseiller dans ce cadre. Le nombre d’inscrits à l’ex-Pôle emploi devrait ainsi augmenter de plus de 1 million l’an prochain, d’après un rapport du Conseil national de l’information statistique (Cnis) de septembre.

Par ailleurs, 101 postes seront également supprimés au sein du ministère de l’Agriculture, 66 au sein de celui de celui de l’Economie et des Finances, 35 pour les Outre-mer, 209 pour le Partenariat avec les territoires et la Décentralisation, 40 pour les Sports, la Jeunesse et la Vie associative et 6 au sein des services du Premier ministre.

Pour rappel, de son côté, la Cour des comptes a recommandé, dans un rapport publié le 2 octobre, de supprimer 100 000 postes de fonctionnaires au sein des collectivités locales. Une piste qui n’a donc finalement pas été retenue par le gouvernement dans le cadre du budget 2025.