
L’épineuse question du budget revient à l’Assemblée nationale. Après l’échec en commission des Finances en nouvelle lecture de la partie dépenses du budget de l’État, samedi 10 janvier, - tout comme la partie recettes la veille - le texte sera à nouveau débattu en hémicycle à partir du mardi 13 janvier. Alors que le gouvernement cherche à tout prix à faire des économies, une question reste toujours en suspens : à quel niveau les entreprises devront-elles contribuer à l’effort national ?
Dans le cadre de l’examen du texte en première lecture, les députés avaient en effet fait le choix de voter en faveur d’un amendement qui ferait passer la surtaxe de l’impôt sur les sociétés (IS) à 6 milliards d’euros, contre les 4 milliards d’euros initialement prévus par le projet de loi de finances pour 2026. Finalement, et alors qu’en 2025, ce rendement était de 8 milliards d’euros, la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises a été reconduite de moitié à 4 milliards d’euros pour un an. «Tout le monde doit contribuer. Je considère pour autant que les entreprises ne peuvent pas être seules à porter le poids des efforts dans ce projet de budget», a néanmoins expliqué dans une interview au JDD le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin.
Vive inquiétude chez les chefs d’entreprise
Pour autant, si dans sa copie initiale, le gouvernement avait souhaité un effort concentré sur les très grandes entreprises en allégeant celui-ci pour celles de taille intermédiaire, reste que cette hausse de la fiscalité et l’instabilité politique crispent les chefs d’entreprises qui sont aujourd’hui 38% à envisager de se développer à l’étranger. Face à ce constat, Sébastien Martin dit d’ailleurs comprendre leur inquiétude, eux qui ont le sentiment d’être «une cible permanente visée par les bancs notamment du RN» depuis le mois de septembre.
Mettant en avant l’objectif du gouvernement sur le soutien au développement à la fois économique et industriel du pays, le ministre de l’Industrie a toutefois précisé auprès de nos confrères veiller «à ce qu’aucune mesure budgétaire ne soit prise à l’emporte-pièce au risque de fragiliser nos entreprises». Il faut dire que les chiffres sont alarmants. Lors du dernier trimestre, ce sont en tout 112 000 entreprises qui ont été effacées du registre du commerce dont 12 000 liquidations judiciaires, soit une hausse de 27% sur un an selon les données d’Infogreffe. Un constat dont le ministre dit être conscient et qui mérite une attention particulière. «Ils [ces chiffres] traduisent un contexte économique plus tendu pour certaines entreprises, notamment dans des secteurs stratégiques confrontés à des transformations profondes et à une concurrence internationale très forte», a-t-il encore précisé.


















