«Le Premier ministre a mis les pieds dans le plat.» Interrogée sur TF1 ce mercredi 16 juillet, la ministre chargée du Travail et de l'Emploi était envoyée au front pour défendre le budget 2026 dévoilé par son Premier ministre la veille. Alors que François Bayrou a annoncé de nombreuses mesures et réclamé des «efforts» à tous les Français afin de réaliser 43,8 milliards d’euros d’économies, l’opposition s’est déjà offusquée des annonces faites. Pourtant, selon Astrid Panosyan-Bouvet, le Premier ministre a «rappelé certaines réalités qui concerneraient aussi un ménage. Quand un ménage a un revenu de 100 euros et une dette de 114 euros, la situation n'est pas tenable».

Concédant qu’il y aura certainement des discussions avec les différents partis politiques, car il s’agissait de «premières orientations», la ministre du Travail l’a rappelé : «On arrive à la dernière possibilité d'avoir encore des choix sans avoir à subir les choix de nos créanciers. Ça passe par un ralentissement de la dépense publique (…) et une augmentation de la production et du travail.» Et pour cela, «l’effort concerne tout le monde», a-t-elle martelé.

De nombreux «abus» sur les ruptures conventionnelles

Pour Astrid Panosyan-Bouvet, le plan annoncé par François Bayrou est «très équilibré» puisque «l’essentiel est fait à 80% sur la réduction de la dépense publique avec des réformes structurelles». Elle cite pour cela l’assurance-chômage et l’assouplissement du droit du travail (CDD, intérim, temps partiel…). Toutefois, cela concerne une augmentation «pour les revenus qui peuvent se le permettre». Pour la ministre, «c’est ce qui fait la force de ce projet».

Sur le sujet de l’assurance-chômage, Astrid Panosyan-Bouvet a confirmé sur TF1 qu’elle allait recevoir la semaine prochaine, avec Catherine Vautrin et le Premier ministre, les partenaires sociaux. De nombreux sujets devraient être abordés, de la durée d'affiliation à la durée d'indemnisation en passant par les ruptures conventionnelles. Un point sur lequel elle a insisté, déplorant de nombreux «abus». Sur les arrêts maladie, la ministre veut réfléchir à un moyen de «responsabiliser» les travailleurs et les entreprises. «Ils ont augmenté de 40% en termes de dépenses en dix ans», a-t-elle déploré.

Jours fériés : les Français vont travailler «parce qu'ils le sont déjà»

Enfin, sur la très polémique mesure de la suppression des jours fériés, là encore, la ministre du Travail est montée au créneau pour défendre la mesure. «Ce qu'on va demander aux Français, c'est pour deux jours fériés, d'aller travailler (sans être payés) parce qu'ils le sont déjà». Selon elle, en contrepartie «de la richesse créée, de la production créée par cette journée de travail, les entreprises devront s'acquitter d'une contribution.»