Faut-il réformer le modèle social français ? Au cours de son «échange avec les Français» sur TF1 mardi 13 mai, Emmanuel Macron a abordé de nombreux sujets avec les interlocuteurs qui l’interrogeaient : «Quoi qu’il en coûte», guerres, nationalisation d’ArcelorMittal, taxation des ultra-riches, réformes des retraites, etc. Mais aussi le modèle social français. Toujours face à la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, avec qui les échanges ont été souvent tendus, le chef de l’Etat a remis en cause le modèle social français qui repose selon lui «beaucoup trop sur le travail».

Emmanuel Macron a d’ailleurs changé de paradigme en proposant l’ouverture d’une conférence entre partenaires sociaux sur le sujet, ce qu’il avait toujours repoussé jusqu’à présent, rappellent Les Echos. Face à Sophie Binet, le président français a tenu à rappeler que le modèle actuel «avait 80 ans» et, qu’aujourd’hui, «le travail doit mieux rémunérer». Quelles solutions apporter ? Sans les citer, Emmanuel Macron a évoqué les cotisations : «Il faut alléger ce qui pèse sur le travail», a-t-il ajouté.

Trop de cotisations patronales et salariales

Dans le viseur du chef de l’Etat, les cotisations patronales et salariales «qui entraînent une différence importante entre le salaire brut payé par l’employeur, et le salaire net perçu par le salarié», a-t-il pointé du doigt. Des réflexions doivent donc être menées sur «les formes de travail». De quoi relancer la piste de la TVA sociale ? C’est ce qu’a évoqué Sophie Binet sur le plateau de TF1. Taxer davantage la consommation en échange de meilleurs salaires ? Une idée qui pourrait séduire.

Cette idée est en effet soutenue par le groupe de la majorité à l’Assemblée et l’avait été par l’ancien ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. De son côté, fin 2024, le Medef avait également plaidé pour la hausse d’un point de la TVA, de 20% à 21%, afin de financer le modèle social français. L’idée pourrait faire son chemin, d’autant que plusieurs leviers sont possibles. Interrogé par Le Parisien, le député du Val-de-Marne, Mathieu Lefèvre, spécialiste des questions budgétaires, considère que «si on veut détaxer le travail, il faut aller chercher plusieurs points de TVA» et surtout que l’on peut «jouer sur le taux à 20%, mais aussi sur les taux intermédiaires».

Une TVA moyenne inférieure aux autres pays européens

Avec quatre taux de TVA - le classique de 20%, celui de 5,5% sur les produits alimentaires, celui de 2,1% sur les médicaments ou celui de 10% sur les travaux - la moyenne reste inférieure aux autres pays européens. Mais l’idée ne plaît pas à tout le monde, certains craignant qu’une TVA sociale ne pèse davantage sur les plus modestes.