Parmi les personnalités invitées mardi à interroger Emmanuel Macron lors de l’émission spéciale Emmanuel Macron - Les défis de la France diffusée sur TF1, figurait Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Elle a rappelé la demande du syndicat d’organiser un référendum sur l’abrogation de la réforme des retraites de 2023. Selon Sophie Binet, la réforme des retraites a été «imposée malgré la mobilisation de millions de travailleurs» et adoptée via plusieurs recours au 49.3 à l’Assemblée nationale. «Pourquoi vous acharner ? Vous n’avez plus de majorité pour gouverner à cause de cette réforme. Organisez un référendum, a-t-elle interpellé le chef de l’Etat.

Emmanuel Macron est catégorique : il n'y aura pas de référendum sur cette question précise. Au contraire, il continue de défendre la réforme. Selon lui, «notre système était rentré en déficit. Cette réforme elle permettra de dégager 17 milliards d’euros, et un tiers est réinvesti dans les mesures sociales. Chaque année, si on abroge cette réforme, on a une dizaine de milliards d’euros à retrouver». Sophie Binet n'en démord pas : «On a fait des dizaines de propositions, comme l'égalité salariale entre les femmes et les hommes, par exemple, pour déclencher des cotisations supplémentaires. Vous ne nous avez pas écoutés».

«J'ai été élu avec cette réforme, je n'ai pas menti aux Français»

Autre solution mise en avant par la secrétaire générale de la CGT : mettre à contribution «le patrimoine de ceux qui gagnent plus de 100 millions d'euros par an». Cette taxe «aura un sens si elle est mondiale, répond Emmanuel Macron, La France toute seule, ça ne marchera pas. Vous croyez que les gens vont gentiment rester pour être taxés ? On a fait la réforme de l'ISF, ça a plus rapporté qu'avant parce que les gens sont revenus». Pour le chef de l'Etat, cette réforme pourtant très décriée «était nécessaire pour sauver notre système par répartition». L'échange se tend : «Les Français n'en veulent pas ! fulmine Sophie Binet, pourquoi avez-vous peur d'eux ? » - «On a augmenté les petites retraites grâce à cette réforme, répond Emmanuel Macron, si on l'abroge, allez expliquer à 1,5 million de Français qui ont 100 euros de plus par mois, qu'on va revenir dessus !»

Le président de la République tient à rappeler : «J'ai été élu avec cette réforme. Je n'ai pas menti aux Français, il y a eu validation démocratique». «Evidemment, vous étiez face à l'extrême droite, raille Sophie Binet, même moi j'ai voté pour vous ! Et cette réforme est passée en force». S'il est fermement opposé à un référendum sur la question des retraites, Emmanuel Macron place en revanche toute sa confiance dans le conclave toujours en cours sur le sujet, même s'il a été déserté par plusieurs syndicats. Ce conclave «doit aller au bout» juge-t-il. Si les conclusions des partenaires toujours présents mettent en avant l'inefficacité de la retraite à 64 ans, «le Premier ministre le soumettra au Parlement» promet Emmanuel Macron en guise de conclusion à un débat que la secrétaire générale qualifie d'«exercice de communication sans aucune réponse aux salariés».

Vers une «conférence social» sur le financement de notre modèle social

On retiendra également de cette séquence en présence de Sophie Binet qu'Emmanuel Macron demande au gouvernement de lancer «dans les prochaines semaines» une «conférence sociale» sur «le mode de financement de notre modèle social», qui repose selon lui «beaucoup trop sur le travail», évoquant la «consommation» parmi les pistes de substitution. Le chef de l’Etat appelle aussi à ouvrir une «négociation sociale» sur «la qualité du travail et l’évolution des formes de travail».