
Après trois mois et demi de négociations, le «conclave» sur les retraites, qui devait initialement prendre fin le 28 mai, rappelle Le Monde, s’est conclu mardi 17 juin sans qu’aucun accord ne voie le jour. L’objectif initial – rapprocher les positions entre syndicats et patronat pour adoucir les effets de la réforme Borne – semble encore hors de portée. Une ultime réunion est néanmoins prévue lundi 23 juin, sorte de session de la dernière chance à l’issue toujours très incertaine.
Car la tension était palpable jusque tard dans la nuit de mardi à mercredi. A minuit passé, les représentants de la CFDT et de la CFTC ont annoncé cette dernière tentative de conciliation, à l’issue d’une journée particulièrement laborieuse. «On a surtout évité ce soir de dire qu’on a échoué», a concédé Christelle Thieffinne, de la CFE-CGC, résumant le flou dans lequel baigne désormais le processus. Et de préciser : «L'opération de la dernière chance, a été tentée par l’animateur du conclave», Jean-Jacques Marette.
Le Medef accusé de bloquer les discussions
Le cœur du désaccord porte toujours sur deux points majeurs : la prise en compte de la pénibilité et de l’usure au travail, ainsi que la possibilité de partir à la retraite sans décote à 66 ans, au lieu de 67 actuellement. Deux revendications portées par les syndicats, mais fermement rejetées par le patronat. Le déroulé de la journée en dit long sur le climat pesant des négociations. Après une matinée écourtée, les débats ont été interrompus deux heures à la demande du patronat en fin d’après-midi. Une pause qui n’a rien débloqué. «Ils reviennent pour proposer… rien», a déploré Christelle Thieffinne. «La partie patronale plante la négo», a-t-elle accusé, dénonçant une posture de blocage.
Le Medef, pointé du doigt, n’a pas confirmé sa participation à la réunion du 23 juin. «J’irai devant nos instances pour savoir si nous allons à la réunion», a déclaré Diane Milleron-Deperrois, sa négociatrice. Du côté syndical, l’incertitude est tout aussi forte. «On va réfléchir si on vient entièrement le 23, ou qu’au début, ou pas du tout», a indiqué Pascale Coton (CFTC), visiblement excédée. Les syndicats espèrent toujours obtenir des avancées sur la carrière des femmes, la reconnaissance de la pénibilité ou l’augmentation des cotisations sociales. L’idée d’une prime pour inciter les seniors à travailler plus longtemps, avancée lundi par François Bayrou, n’a quant à elle convaincu personne.
Encore cinq partenaires présents autour de la table
Ce conclave, voulu par le Premier ministre pour désamorcer la contestation autour de la réforme des retraites, devait aboutir à un texte de compromis à soumettre au Parlement. Dès le début de cette concertation, fin février, des syndicats avaient rapidement quitté la table (FO, CGT et U2P). Il ne reste que cinq partenaires encore présents : CFDT, CFTC, CFE-CGC, Medef et CPME. A quelques jours de la date fatidique, le scénario d’un échec pur et simple n’a jamais semblé aussi plausible.
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