
Alors que les débats budgétaires ont repris à l’Assemblée nationale, une large majorité de Français se montre opposée à l’utilisation du 49.3 ou des ordonnances pour faire adopter le budget 2026. Selon un sondage Elabe pour BFMTV publié ce mercredi 14 janvier, près de sept Français sur dix refusent que le gouvernement recoure à ces outils constitutionnels pour sortir de l’impasse. Dans le détail, 69% des personnes interrogées estiment qu’il faut laisser les discussions se poursuivre au Parlement, quitte à retarder davantage l’adoption du budget et à courir le risque qu’il ne soit finalement pas voté.
A l’inverse, seuls 30% jugent légitime que l’exécutif impose le texte par le biais du 49.3 ou d’ordonnances. Le recours à l’article 49.3 de la Constitution permet au gouvernement de faire adopter un projet de loi sans vote des députés, sauf si une motion de censure est déposée et adoptée. Un outil légal, mais politiquement sensible, souvent perçu comme un passage en force, en particulier sur des textes aussi importants que le budget de l’Etat.
Un «mauvais» budget pour un Français sur deux
Si le Premier ministre Sébastien Lecornu a jusqu’ici écarté publiquement cette option, plusieurs voix, y compris au sein de la majorité, plaident pour un tel recours afin d’éviter l’enlisement des discussions. Les Français semblent pourtant privilégier la voie du compromis. Selon le sondage, 57% estiment que les oppositions doivent accepter de faire des concessions, même si elles ne sont pas en accord avec l’ensemble du projet budgétaire, afin de permettre l’adoption d’un texte.
Sur le fond, l’opinion reste partagée. Un Français sur deux considère que le budget proposé est «mauvais», mais préfère néanmoins son adoption à l’absence totale de budget. A l’inverse, 41% estiment qu’il s’agit d’un «mauvais budget qui doit être censuré pour qu’un autre gouvernement en propose un nouveau».
Quant aux responsabilités du blocage actuel, les avis sont divisés. Pour 30% des sondés, le gouvernement porte la principale responsabilité, contre 20% qui accusent les partis d’opposition de refuser toute négociation. Enfin, 32% estiment que la responsabilité est partagée entre l’exécutif et l’opposition.


















