Alors que le Premier ministre François Bayrou a annoncé il y a quelques semaines une année blanche – comprendre qu’en 2026, ni les prestations sociales ni les retraites ne seront revalorisées –, le cabinet de conseil WTW dévoilait ce jeudi 31 juillet son étude annuelle sur les budgets de rémunération des entreprises pour 2025. «C’est peut-être le meilleur moment pour se retrouver et comprendre comment les salaires des Français vont évoluer en 2026», glisse Khalil Ait-Mouloud, directeur de l’activité enquête de rémunération chez WTW.

Selon ses prévisions, les salaires devraient grimper de 3,2% en médiane en 2026. Traduction : la moitié des salariés français bénéficieront d’une hausse supérieure, l’autre moitié d’une revalorisation inférieure. C’est légèrement plus que les augmentations réellement versées en 2025, qui avaient atteint 3,1% en médiane. Et la bonne nouvelle ne s’arrête pas là. «L’inflation 2025 tourne entre 1,8% et 2% et, pour 2026, l’OCDE prévoit qu’elle sera comprise entre 1,5% et 1,8%», détaille l’expert. Résultat : avec des hausses de salaire sensiblement plus élevées et une inflation qui ralentit, le pouvoir d’achat des salariés devrait progresser l’an prochain.

La pharmacie, la finance et la distribution bénéficieront de meilleures revalorisations

Mais tous les salariés ne seront pas logés à la même enseigne. Certains secteurs tireront clairement leur épingle du jeu. «La pharmacie, les services financiers et la distribution spécialisée vont connaître des hausses supérieures ou égales à 3,3%», contre 3,2% pour l’ensemble des salariés, détaille Khalil Ait-Mouloud. Pas de quoi bouleverser les rémunérations au premier coup d’œil… Mais, prévient l’expert, «même 0,1% de différence représente finalement des écarts importants sur la fiche de paie», surtout quand on parle de salaires déjà élevés.

Au-delà de ces trois secteurs, certains postes vont décrocher le jackpot. Le directeur de l’activité enquête au sein du cabinet l’assure : même si «les revalorisations salariales seront assez homogènes selon les catégories socioprofessionnelles», les métiers en tension, ceux où les entreprises peinent à recruter ou à retenir les talents, seront mieux servis. «Ce sont les postes qui constituent le cœur de métier de chaque secteur d’activité», précise-t-il. Dans la finance, cela concerne par exemple les ingénieurs. Plus largement, les compétences rares et indispensables, comme l’intelligence artificielle ou le machine learning pour la transformation digitale des entreprises, seront choyées. Ces salariés prioritaires bénéficieront d’une augmentation 50% supérieure à la moyenne. «Soit 4,8% en moyenne». Mais comme souvent lorsqu’il est question de prévisions, ces augmentations ne sont pas inscrites dans le marbre. L’année 2025 l’a montré : 4 patrons sur 10 (41%) ont finalement accordé des hausses inférieures aux projections établies en début d’année.