
Boeing n’a visiblement plus envie de plaisanter et estime avoir assez perdu de temps. Il y a un mois, le 4 août, 3 200 ouvriers de Boeing, travaillant dans des usines du Missouri, de l’Illinois et dans le centre des Etats-Unis, avaient décidé de se mettre en grève, dénonçant leurs conditions de travail et des négociations qui patinaient avec la direction. A cette époque, Boeing proposait pourtant une augmentation de salaire de 40% sur quatre ans et davantage de congés, mais le syndicat de ces travailleurs assemblant des avions de chasse évoquait des «promesses en l’air».
Comme le relate BFMTV, un mois plus tard, la situation n’a pas évolué et l’avionneur commence à s’impatienter, jugeant avoir fait «la meilleure proposition possible». Boeing indique également être prêt à «envisager des changements» afin que les centaines de grévistes reviennent travailler. Toutefois, l’attitude du syndicat des machinistes ne passe plus, a laissé entendre le vice-président de la division Air Dominance chez Boeing et haut responsable de l'usine de Saint-Louis (Missouri), Dan Gillian. Selon lui, le syndicat «continue de demander davantage de tout (...), élargissant l'écart entre les parties».
Les grévistes pas certains de conserver leur poste
Résultat, l’avionneur passe au plan B : un recrutement massif pour remplacer tous les grévistes. S’agit-il de paroles en l’air pour faire peur aux grévistes ou d’une réelle volonté d’avancer ? Dan Gillian a dévoilé qu’un «processus de recrutement d'employés de remplacement permanent pour les postes de production» avait été lancé. Dans cette optique, une foire de l’emploi aura même lieu le 16 septembre prochain.
Selon une porte-parole de Boeing, lorsque l’ouvrier recruté sera formé, le gréviste ne sera pas certain de retrouver son poste. «Si un poste n'est pas disponible immédiatement (les anciens grévistes) seront ajoutés à la liste d'attente jusqu'à ce qu'un poste correspondant à leurs qualifications soit disponible», a-t-elle précisé. Malgré de nouvelles discussions fin août, rien n’a bougé et le syndicat des machinistes réclame toujours «une rémunération équitable», avec des salaires correspondant au coût de la vie et un contrat «qui respecte l'ancienneté et l'expérience».
La précédente grève a coûté 10 milliards de dollars
En 2024, une autre grève de grande ampleur avait touché l’avionneur américain. Pendant plus de sept semaines, les salariés de Boeing de la région de Seattle avaient débrayé pour réclamer également de meilleurs salaires. Finalement, un accord avait été signé début novembre, prévoyant une hausse de salaire de 38% sur les quatre ans de la durée de la convention collective des machinistes, ainsi qu’un relèvement de la prime de ratification. Cette grève avait coûté plus de dix milliards de dollars à Boeing.



















