En 1978, les psychologues américaines Pauline Rose Clance et Suzanne Imes décrivent ce qu’elles baptisent «le phénomène de l'imposteur», titre de leur ouvrage phare, paru cette même année(1). «Phénomène», et non «syndrome», une dénomination qu'elles rejettent : pour elles, en effet, le phénomène d'imposture possède une dimension universelle, qui le différencie d'une pathologie. A l'époque, toutes deux fondent leur analyse sur l’observation d’une population de femmes à la carrière brillante.

Elles montrent qu'en dépit de leurs succès académiques et professionnels, ces femmes sont incapables d'admettre leur réussite, de reconnaître leur intelligence ou leur talent, et sont persuadées que leur entourage a tort de croire qu'elles ont les moyens de leurs ambitions. Pire, elles vivent dans la peur que leur présumée incompétence soit découverte.

Bien avant que les conférences TedX ne s'empare du sujet, la découverte des deux thérapeutes a amorcé des décennies de réflexion sur le leadership, ainsi que de nombreux programmes de recherche pour mieux comprendre comment ce sentiment d'inadéquation se joue dans le monde du travail. Aujourd'hui âgée de 84 ans, Pauline Rose Clance continue de recevoir des patients et poursuit activement ses travaux.

Quarante ans plus tard, elle reste stupéfaite par l’ampleur de l’intérêt suscité par ce qui n'était à l’origine qu'une observation partagée avec sa collègue Suzanne Imes. Pour nous, elle revient sur ses recherches, l'évolution du phénomène de l’imposteur et ses implications pour les dirigeants d'entreprise actuels.

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