Un génération X – quasi boomeur – parmi les millennials et les Y : Jacques Brousse, 58 ans, enrichit la diversité des âges du cabinet Gtech, agence de marketing grenobloise de 18 personnes, spécialiste du marché des éditeurs de logiciels. «Ingénieur ayant évolué vers la com, j’ai été recruté il y a un peu plus de cinq ans, indique-t-il. Et l’aspect intergénérationnel a été un challenge.» Dans une petite entreprise sans strate hiérarchique, il endossait un rôle de validation des contenus proposés par de jeunes créatifs. «Leur crainte était de se voir imposer un chef contrôlant qui affiche son expérience, se souvient-il. De mon côté, je travaillais pour la première fois avec des collègues de l’âge de mes enfants. Je me suis dit : “Surtout ne pas leur parler comme à des gosses” !»

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Si, comme il le dit, la «mayonnaise intergénérationnelle a bien pris» dans cette entreprise, Jacques Brousse, senior recruté par un patron de dix ans son cadet, est presque un cas d’espèce. Dans un marché de l’emploi extrêmement tendu, seuls les candidats de 50 ans et plus ne parviennent à pas tirer leur épingle du jeu. Les chiffres sont connus : en France, 56% seulement des 55-64 ans sont en emploi, soit quatre points de moins que la moyenne européenne. Une personne de 48-55 ans a trois fois moins de chances d’être rappelée qu’un 23-30 ans (75% de réponse en moins), selon le professeur Jean-François Amadieu, spécialiste des discriminations à l’emploi. La France fait partie des nations «où la population a le plus d’a priori négatifs inconscients» à l’encontre des seniors. Or, leur faible taux d’emploi est demeuré un angle mort des successives réformes des retraites. La dernière en date braque à nouveau les projecteurs sur cette singularité française.

«Je sue à grosses gouttes, dit Olivier, débarqué à 55 ans d’un poste de DG dans l’insertion. C’est difficile de se dire qu’on finira peut-être par emballer des paquets en interim alors qu’on a passé sa vie professionnelle à acquérir des compétences techniques et de management.» Il cherche depuis deux ans et a vu beaucoup de portes se fermer, parfois sur des commentaires déplaisants, comme «vous allez manquer de dynamisme» ou «les vieux, ça ouvre sa gueule».

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