
La prise de parole est forcément très attendue. Ce mardi 15 juillet, le Premier ministre François Bayrou présentera à partir de 16 heures son fameux plan de redressement des finances publiques. L’objectif est clair : réaliser 40 milliards d’euros d'économies dans le cadre du budget 2026 afin de ramener le déficit public sous les 3% du PIB d’ici 2029. Si les mesures d'austérité qui seront annoncées par François Bayrou n’ont pas filtré, le Premier ministre a déjà prévenu que tous les Français seront invités à faire des efforts.
Dans ce contexte, le gouvernement devrait notamment s'attaquer au secteur de la santé pour réaliser des économies, en imposant par exemple un durcissement des règles concernant les arrêts de travail. Lors des débats sur le projet de lois d’approbation des comptes 2024 de la sécurité sociale, la ministre chargée des comptes publics Amélie de Montchalin avait en effet déploré que les dépenses liées aux arrêts maladie atteignent 17 milliards d’euros en 2024, contre 12 milliards en 2019, soit une hausse de plus de 40 %.
Reste à savoir quelles seront les mesures qui pourraient être privilégiées par l'exécutif pour tenter d’endiguer la hausse de l'absentéisme au travail et ainsi réduire les dépenses de l’Assurance Maladie. Afin de mettre la pression sur le gouvernement, les organisations patronales ont déjà proposé une série de mesures censées limiter la hausse des arrêts de travail.
C’est notamment le cas du Medef qui a présenté le 9 juillet dernier son plan pour «juguler la flambée des dépenses de santé». L’organisation patronale préconise notamment «d’instaurer un ou plusieurs jours de carence d’ordre public non indemnisés par la sécurité sociale et non pris en charge par les employeurs». Cela signifie que les entreprises n’auraient plus le droit de verser un complément de salaire à leurs salariés durant les premiers jours de leur arrêt de travail. Une mesure qui permettrait d’économiser entre 300 et 600 millions d’euros par an à partir de 2026 selon le Medef. S’il demeurait un ou deux jours de carence indemnisable par l'entreprise, le Medef préconise aussi d'interdire le le versement d'indemnité compensatoire par les entreprises au bout du troisième arrêt de travail.
Les arrêts maladie limités à 15 jours ?
De plus, le Medef préconise aussi de s'attaquer au calcul des indemnités journalières (IJ), c'est-à -dire les indemnités versés par la sécurité sociale aux employés durant leurs arrêts maladie. Actuellement, le montant des IJ correspond à la moitié du salaire de référence du salarié, dans la limite de 1,4 smic. Mais voilà : aujourd'hui, elles oscillent en moyenne «entre 0,5 et 0,7 Smic», selon Yves Laqueille, vice-président du Medef et représentant de l’organisation au conseil d’administration de l’Assurance maladie. Alors le Medef propose de “forfaitiser” le montant de ces fameuses IJ à 0,58 Smic pour tous les salariés, quel que soit le montant de leur salaire. Une mesure qui permettrait à l’Assurance maladie de réaliser une économie de 150 millions d’euros selon le l'organisation patronale.
De son côté, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a dégainé la semaine dernière une proposition encore plus radicale. Afin de lutter contre la multiplication des arrêts de travail, l'organisation patronale appelle à imposer trois jours de carence aux salariés sans indemnité en cas d'arrêt maladie, quel que soit leur statut. Autrement dit, dans le privé comme dans le public. La CPME réclame aussi un encadrement plus strict des motifs d’arrêts en lien avec la médecine du travail et une lutte accrue contre les arrêts injustifiés.
Enfin, l'Assurance maladie à quant à elle publié un rapport à la fin du mois de juin comportant une série de mesures pour tenter de résorber son déficit. Ainsi, dans le but de réduire l'absentéisme au travail, elle propose notamment de limiter la durée des arrêts maladie pouvant être prescrits par les médecins «de ville» à 15 jours et à un mois en primo-prescription en cas d’hospitalisation. Dans le but de réduire l'absentéisme au travail, la Cnam propose notamment de limiter la durée des arrêts maladie pouvant être prescrits par les médecins «de ville» à 15 jours et à un mois en primo-prescription en cas d’hospitalisation.


















