Le CAC 40 résiste bien pour l’heure à l’annonce de la chute du gouvernement Bayrou - suite à la perte du vote de confiance par le Premier ministre -, qui était déjà largement anticipée par le marché actions (et donc déjà intégrée dans les cours de Bourse). Reste que de nombreuses inconnues demeurent, dans cette crise politique qui risque de durer. La Bourse de Paris sera donc à surveiller au cours des prochaines semaines et cet automne. La France «vient de basculer dans une nouvelle zone de turbulences, avec de nombreuses incertitudes politiques, budgétaires et institutionnelles», avertit Cité Gestion.

Au-delà de la seule crise politique, la France et l’Europe subissent «un test grandeur nature», avertit la banque privée. Entre les craintes sur la trajectoire de la dette publique française (qui représente déjà 113% du produit intérieur brut, soit un poids 2 fois plus élevé qu’en Allemagne) et des taux d’intérêt à 10 ans (qui se sont écartés de ceux de l’Allemagne et se sont hissés au niveau de ceux de l’Italie, traduisant ainsi un stress croissant sur la situation de l’Hexagone) et la possible sanction des agences de notation, chaque jour de blocage «pèsera plus lourd. Emmanuel Macron doit vite trancher entre une dissolution de l’Assemblée nationale (à risque) et la nomination d’un nouveau Premier ministre (capable de rassembler), car les marchés financiers n’attendront pas», met en garde Cité Gestion.

Le CAC 40 surveillera de près l’évolution des taux à 10 ans de la France

La situation budgétaire de la France est pour le moins préoccupante, ce qui pourrait finir par inquiéter le CAC 40, surtout si les taux à long terme devaient déraper. La dette publique «grimpe de 5 000 euros par seconde et la seule charge d’intérêts devrait atteindre 75 milliards d’euros en 2026 !», note Cité Gestion. Le plan Bayrou de 44 milliards d’euros de coupes et de hausses d’impôts, incluant la suppression de deux jours fériés et des taxes sur les foyers aisés, «n’a convaincu personne, et tout cela tombe, dans le sillage du départ du Premier ministre», ajoute l’établissement financier.

Sans mesures correctrices notables, sans budget crédible, le poids de la dette publique française menace d’exploser. Sans consolidation, il pourrait passer de 113% du PIB à 125% à horizon 2030, selon Bloomberg Economics. Et les intérêts, déjà énormes (66 milliards d’euros sur un an), pourraient atteindre 100 milliards en 2029 (5% du PIB !). La France ne parvient plus à financer son modèle économique, d’autant que sa croissance est molle (elle plafonne à 0,7%), que son chômage ne baisse pas et que son activité industrielle est sous pression. Le pouvoir d’achat des ménages stagne, l’activité recule dans la construction et l’instabilité sociale qui s’annonce (grèves, blocages, manifestations…) risque de peser un peu plus sur la confiance des ménages et des entreprises, qui «coupent déjà dans leurs projets face au manque de visibilité. La situation économique est trop fragile pour absorber un tel choc politique», déplore Cité Gestion.

La Bourse de Paris sous la menace d’une sanction des agences de notation, comment réagirait le CAC 40 ?

Face au risque élevé de nouvelle dérive des finances publiques de la France, dans un contexte économique déprimé (la France n’a pas les moyens dont dispose l’Allemagne pour relancer sa croissance économique), l’agence de notation Fitch Ratings, qui avait déjà placé la note de la France sous perspective négative, devrait a priori abaisser sa note dès ce vendredi (un scénario jugé probable par Cité Gestion). Les agences de notation concurrentes Moody’s et S&P rendront quant à elles leur verdict les 24 octobre et 28 novembre. Et elles pourraient bien «sanctionner trois faiblesses : dette excessive, croissance économique molle et instabilité politique», juge la banque privée.

Un abaissement de la note de la France pourrait faire grimper davantage le taux à 10 ans de la France. Du point de vue de l’analyse technique (analyse graphique et mathématique de l’évolution des cours de Bourse), un franchissement confirmé de la barre de 3,59-3,61% sur le taux à 10 ans de la France risquerait de favoriser de nouvelles pressions haussières sur les taux à long terme et baissières sur le CAC 40. A l’instar de ce qui s’était passé lors du choc d’août, les actions de la Bourse de Paris les plus exposées à l’Hexagone, aux décisions du gouvernement et à la trajectoire des taux à long terme (le choc Bayrou a lourdement pesé sur les banques du CAC 40, comme Société générale, ou les géants des secteurs des concessions, comme Vinci ou Eiffage, ainsi que les groupes de maisons de retraite) paraissent parmi les plus à risque en cas de nouvelles turbulences politiques. Inversement, les géants du luxe du CAC 40, comme LVMH ou Hermès, bien plus liés à la demande étrangère, devraient a priori mieux résister.

Selon Cité Gestion, le crédit de la France «se réduit à vue d'œil et le danger est clair : si l’Italie devait sembler plus investissable que l’Hexagone, alors les taux à long terme de la France risqueraient de s’envoler», avec à la clé une équation budgétaire intenable et de nouvelles secousses sur le CAC 40. Les lecteurs de Momentum, la lettre d’investissement premium quotidienne de Capital, ont été prévenus en amont de la crise politique estivale du risque de chute du CAC 40. Depuis l’offensive de Donald Trump sur les droits de douane de début avril, notre sélection d’actions en Bourse a grimpé bien plus vite que le CAC 40. Et elle a fait aussi nettement mieux que l’indice actions phare de la bourse de Paris depuis le lancement de notre lettre d’investissement en 2021. Découvrez chaque jour notre analyse technique et financière du CAC 40 et des actions en Bourse. En optant pour un abonnement annuel, 5 mois sont offerts. Pour en profiter, il suffit de cliquer sur le lien ci-après.