«Un avion de surveillance et de reconnaissance, en dernier lieu d’attaque». C’est par ces mots que le lieutenant-colonel Benjamin, commandant en second de la 33e escadre, qualifie le MQ-9 Reaper. Cet engin ressemble plus à un planeur équipé d’un moteur (900 CV) qu’à un avion de chasse. «Le Reaper, c’est 5 tonnes de carbone, de fioul et de technologie», assure l’officier, dans des propos relayés par 20minutes. Ce MQ-9 Reaper coûte 30 millions de dollars (26 millions d’euros), alors que la valeur du Rafale se situe entre 68 et 80 millions d’euros.

Opérés depuis la base aérienne 709 de Cognac-Châteaubernard (Charente) par la 33e Esra (Escadre de surveillance, de reconnaissance et d’attaque), douze drones Reaper sont à la disposition de l’Armée de l’air et de l’espace. Ils sont équipés d’une boule optronique avec une caméra permettant de zoomer «à de très grandes distances» et de «repérer les sources lumineuses de nuit». Depuis 2018, l’engin est armé de bombes GBU12 de 250 kg, et de missiles air-sol Hellfire d’une portée de 8 000 mètres. Contrairement aux avions, il peut rester en l’air une vingtaine d’heures et bientôt 30 avec le nouveau standard «Extended Range».

Le drone Reaper présente quelques défauts

Si le premier tir d’un drone Reaper a été délivré fin 2019 au Mali, il «a été mis à l’épreuve du feu dans le cadre de l’opération Barkhane, et il a apporté une vraie plus-value sur ce théâtre de conflit», reconnaît le lieutenant-colonel Benjamin. Toutefois, il présente aussi quelques défauts. «Sa faiblesse principale réside dans le manque de manœuvrabilité et de vitesse», avoue-t-il. «Cet avion n’est pas non plus autoprotégé et n’a donc pas vocation à aller au milieu d’une guerre», ajoute le lieutenant-colonel. Il n’aurait aucune chance de survie s’il venait à être attaqué.

Le ministère des Armées rappelle néanmoins que «le MQ-9 Reaper permet à l’armée de l’Air et de l’Espace de conserver sa supériorité technologique sur ses adversaires et d’offrir davantage de persistance sur des zones plus difficiles d’accès», rappelant que l’engin est «devenu indispensable». Il s’est révélé particulièrement utile pour protéger l’espace aérien lors des JO de Paris.