
Fils acidulés, bandeaux ou bonbons fourrés : les gélifiés sont devenus incontournables, en particulier chez les enfants. Ils représentent aujourd’hui près de 45% du marché de la confiserie. Leur segment le plus dynamique, les gélifiés extrudés, qui sont des bonbons mous et élastiques, a plus que doublé en dix ans. Jusqu’ici, ces produits étaient pourtant très majoritairement fabriqués hors de France. «Il n’existait pas de production française sur le sol français de ce type de gélifiés», rappelle Michel Poirrier, PDG de Sucralliance.
Pour combler ce manque, le groupe familial a investi 14 millions d’euros dans une nouvelle ligne de production à Saint-Florentin (Yonne). Cet équipement permet désormais de produire plus de 8 millions de kilos de gélifiés par an. «C’est l’investissement le plus important du groupe depuis sa création», souligne Vincent Meslin, directeur industriel. La ligne, entièrement électrique, a aussi permis la création de 15 emplois directs et indirects.
Un nom peu connu malgré son omniprésence en magasin
Peu connu du grand public, Sucralliance est pourtant omniprésent en rayon. Le groupe est l’un des principaux fournisseurs de bonbons pour les marques de distributeurs, qui constituent le socle de son activité. Mais il s’appuie aussi sur un portefeuille de marques propres complémentaires, représentant désormais environ 25% de son chiffre d’affaires, afin de couvrir l’ensemble des profils de consommateurs.
Chez les enfants et les adolescents, Sucralliance mise sur Têtes Brûlées, marque iconique aux goûts très acidulés, rachetée par le groupe et repositionnée sur un univers urbain et digital. Pour les jeunes adultes, la marque Croibleu joue sur la fraîcheur et les arômes naturels tandis que d’autres références plus traditionnelles s’adressent à des consommateurs plus âgés, attachés aux caramels, pâtes à mâcher ou guimauves.

Marques diversifiées, prix serrés : l’arme anti-crise de Sucralliance
«Ces marques nous permettent de ne pas dépendre à 100% des marques de distributeurs et de toucher des consommateurs de tous âges», souligne Michel Poirrier. Produire en France reste toutefois un pari coûteux. Main-d’œuvre, énergie, normes environnementales : tout pèse sur les marges. Mais Sucralliance assume ce choix. «Pour nous, il n’y a même pas eu de questionnement sur le fait de produire à l’étranger», insiste le PDG. Le groupe privilégie une croissance maîtrisée, sans course au gigantisme. «Il vaut mieux être petit et rentable», tranche-t-il.
Reste la question sensible du sucre et des attentes sanitaires. Sur ce point, le groupe avance sans renier son ADN. «La confiserie reste un produit plaisir», assume la direction. Des travaux sont néanmoins engagés sur la réduction des sucres, l’amélioration des recettes et la baisse des emballages plastiques, malgré les contraintes de conservation des bonbons.
Avec 105 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, quatre usines en France et 40% des ventes réalisées à l’export, Sucralliance mise sur son outil industriel, ses marques et les marques de distributeurs pour continuer à résister dans un marché en pleine recomposition.


















