Mis en cause pour sa gestion de l'ancienne aciérie italienne Ilva, le groupe ArcelorMittal a assuré ce jeudi 29 janvier avoir respecté ses «obligations» et pointé du doigt le gouvernement italien, à qui il demande 1,8 milliard d'euros de dommages et intérêts. Début 2024, le gouvernement italien a mis sous tutelle l'usine, lourdement endettée, pour sauvegarder emplois et relancer la production.

Les commissaires de l’Etat italien chargés de la gestion d'Acciaierie d'Italia, la maison mère de l'ex-Ilva, ont déposé plainte il y a 15 jours et réclament sept milliards d'euros de dommages et intérêts à son ancien propriétaire ArcelorMittal, dénonçant un comportement «prédateur». Le groupe sidérurgique indien a indiqué avoir été notifié de cette plainte et martelé dans un communiqué que «toute narration visant à imputer une responsabilité à ArcelorMittal [était] dépourvue de tout fondement factuel et juridique».

ArcelorMittal dénonce des mesures discriminatoires

«ArcelorMittal - qui possède une solide expérience dans la remise à niveau d’actifs sous-performants - a rempli l’ensemble de ses obligations, n’a pas influencé ni dirigé illicitement la direction locale», a souligné la société. Le géant de l'acier indique avoir lancé plusieurs demandes d’indemnisation pour «les préjudices causés à son investissement», dont une demande d'arbitrage international en juin 2025 contre l’Etat italien.

Dans sa demande d'arbitrage, ArcelorMittal estime avoir été «exproprié illégalement» par l’Etat et visé par «des mesures discriminatoires, inéquitables, et disproportionnées». Le groupe demande 1,8 milliard d'euros de dommages et intérêts. Dans son communiqué, ArcelorMittal dénonce aussi une «attitude conflictuelle, des actes et omissions volontaires» de la part d’Invitalia (l'agence des participations d’Etat italienne, cogérante de l'aciérie depuis 2021) et de la direction d'Ilva, ainsi que «des omissions et des interventions législatives illégitimes du gouvernement italien».

Le groupe indien cite notamment la suppression en 2019, un an après sa prise de contrôle d'Ilva, «des protections juridiques nécessaires à la mise en œuvre par ArcelorMittal du plan environnemental sans risque de responsabilité pénale liée à l’état des usines». ArcelorMittal avait loué avec une option d'achat l'aciérie Ilva en 2017 pour 1,8 milliard d'euros, promettant d'investir 2,4 milliards et de préserver notamment les près de 8 000 emplois de l'usine géante de Tarente (sud). Le fonds américain Flacks s'est positionné fin 2025 pour reprendre l'ex-Ilva, avec 6 500 salariés dans un premier temps.