
La Confédération des petites et moyennes entreprises tire la sonnette d’alarme sur l’évolution des femmes en entreprise. Selon une étude à son initiative réalisée par «Les Alfas de l'économie» relayée par France Inter, des obstacles persistants se dressent sur leur parcours professionnel, notamment dans la trajectoire des femmes à la tête d’entreprises, indique Franceinfo. En France, les femmes dirigent aujourd’hui 26 % des entreprises actives. Pourtant, elles ne représentent que 12,45 % du chiffre d’affaires global des entreprises françaises, hors grandes entreprises. Et pour cause, les entreprises dirigées par des femmes accèdent plus difficilement aux financements publics ou privés, ce qui a pour effet de limiter leur capacité à changer d’échelle. «Souvent parce que les projets sont considérés comme ayant moins de valeur capitalistique», explique Fariha Shah, vice-présidente de la CPME, chargée de l’entrepreneuriat au féminin.
Dans le champ de l’innovation, le problème est encore plus visible. Dans ce secteur, les financements viennent du capital-risque, explique-t-elle. Mais ces acteurs privés ont un biais, et sous-financent les dossiers portés par des femmes, «souvent considérés comme avec moins de valeur capitalistique». De ce fait, les projets portés par des femmes se voient freinés dans leur émergence, et dans leur consolidation, même s’ils sont jugés viables. Ils seront donc toujours moins soutenus que les projets portés par des hommes.
Un coût massif pour l’économie française
Mais le sujet du plafond de verre auquel se heurtent les femmes à la tête d’entreprise n’est pas seulement un enjeu d’égalité. Pour l’économie française aussi, les inégalités entre femmes et hommes dans le monde de l’entreprise ont un impact. Selon la CPME, les freins rencontrés par les entrepreneures représenteraient un manque à gagner annuel de 221 milliards d'euros pour l’économie française. Un chiffre qui justifie de changer profondément de regard sur l’entrepreneuriat féminin.
Pour la CPME, l’objectif est donc clair : «encourager un changement de paradigme quant à la considération de l’entrepreneuriat porté par les femmes». Pour y arriver, elle propose plusieurs pistes, dont la mise en place de financements qui soient mieux adaptés, et la création d’un statut spécifique de femme entrepreneure dans les dispositifs publics de garde d’enfants.


















