Les grands patrons offensifs face au gouvernement. Alors que le budget 2026 prévoit de taxer encore plus les entreprises, Bernard Arnault est sorti du silence pour la première fois de l’année en marge de la présentation des résultats annuels du groupe LVMH mardi 27 janvier. Alors que la surtaxe sur les grandes entreprises est revenue sur le devant de la table, le milliardaire a reproché à l'Etat de vouloir «taxer un maximum les entreprises et donc de créer du chômage». Il faut dire que le bénéfice net et le chiffre d’affaires du groupe de luxe sont en net recul.

Alors, le grand patron a-t-il raison ? L’Etat est-il contre les grandes entreprises ? Invité de la matinale de TF1 ce jeudi matin, Michel-Edouard Leclerc est allé dans le sens de Bernard Arnault, sans toutefois être aussi critique. Pour le patron du groupement Leclerc, l’Etat cherche surtout «des sous dans l’entreprise», et ce, pour plusieurs raisons : «Parce que politiquement l’entreprise ne vote pas. Parce que les personnes âgées se mobilisent moins bien. Et parce que les ultras riches, on ne les verra pas dans la rue.»

Michel-Edouard Leclerc ne comprend pas la segmentation entre le politique et l'économique

Mais ce qui dérange plus particulièrement Michel-Edouard Leclerc, c’est que «pendant ce temps-là, on ne fait pas de programme d'économies». Il a poursuivi sur TF1 : «En tant que bon citoyen, même si ça me fait mal et même si je n’en ai pas envie - qui a envie de payer plus d’impôts, questionne-t-il -, mais s’il y a un programme d’économies, si on finance un plan logement ou un plan de développement, on ne la ramène pas.»

Le patron de la grande distribution regrette surtout qu’on aille encore «taper sur les entreprises» alors que ce sont ces mêmes entreprises qui «doivent préparer la France 2035». Il a déploré une «sorte d'obsession budgétaire que ne comprennent ni les Français ni les entreprises». Ayant participé à la Nuit de la Nouvelle République organisée par Gabriel Attal, une soirée de débats autour de différentes personnalités en vue de trouver des idées pour la présidentielle de 2027, Michel-Edouard Leclerc regrette toujours une certaine distance.

«Ce qu'on reproche aux hommes politiques c'est de ne plus discuter avec nous... Je ne comprends pas cette segmentation entre le politique et l'économique... Nous, chefs d'entreprises, on doit alimenter le projet collectif», a-t-il souligné. En septembre dernier, le patron très médiatique s’était déjà inscrit en faux contre les taxes visant les ultra-riches, trouvant cela «vraiment con».