
Rassurer, tout en alertant. Telle est la méthode choisie par le Premier ministre pour s’adresser aux entrepreneurs. Comme l’a relayé Capital, ce lundi 1er décembre, Sébastien Lecornu a envoyé une lettre aux chefs d’entreprise où il insistait sur «le vrai danger pour le pays» que serait «l’absence de budget». Les débats tendus entre l’Assemblée et le Sénat font en effet craindre une absence de budget depuis quelques jours, raison pour laquelle le Premier ministre assure entendre les «inquiétudes» des entrepreneurs «sur la fiscalité».
Quelques heures après avoir reçu cette lettre, certains destinataires lui répondent déjà. C’est le cas du président de la Fédération des auto-entrepreneurs et micro-entrepreneurs. Interrogé par BFMTV, Grégoire Leclercq souligne déjà que la lettre est «très longue» et peut-être même «trop longue par rapport à ce qu’on voudrait entendre de manière synthétique en tant que chef d’entreprise aujourd’hui». Mais plus globalement, le président de la Fédération déplore le message envoyé, censé dire aux chefs d’entreprise qu’ils sont perdus. «Vous ne savez pas où on va, vous êtes déçu, voire dépité par l’Etat des discussions fiscales et sociales qui ont lieu à l’Assemblée nationale et au Sénat.»
Un «mauvais budget» mieux qu’une absence de budget ?
L’autre message envoyé par le Premier ministre est le suivant, note Grégoire Leclercq : «Vous savez, on a besoin d’un budget et il n’y a rien de pire que de ne pas avoir de budget.» Ce qui a le don d’agacer la Fédération des auto-entrepreneurs et micro-entrepreneurs : «Même un mauvais budget pourrait satisfaire Sébastien Lecornu versus une absence de budget total.»
Il ajoute : «Cette lettre, elle ne nous plaît pas. J’entends que le Premier ministre ait besoin de rassurer les chefs d’entreprise, qu’il n’a pas la main sur l’ensemble du discours et du débat parlementaire. Mais cette lettre ne nous plaît pas», ajoute celui qui est aussi directeur général délégué du groupe EBP. «Le gouvernement ne joue pas le jeu et le rôle qu’il devrait avoir pour stabiliser l’économie.»
La TVA des auto-entrepreneurs dans le viseur
Rappelant qu’un chef d’entreprise a besoin de «visibilité, de prévision (…) et d’un état d’esprit général qui pousse l’entrepreneuriat», Grégoire Leclercq regrette qu’aucun message délivré n’ait trait à ces revendications à ce jour. Déplorant enfin un «discours ambivalent, pas rassurant» et «un gouvernement pas cohérent, pas ferme, pas stable sans vision de long terme», le chef d’entreprise cite un exemple concret : «Le gouvernement choisit encore une fois de remettre la TVA sur les auto-entreprises à partir de 25 000 euros alors que, quatre fois de suite, le Parlement lui a dit : 'Arrêtez de faire ça !'»



















