Laurent Saint-Martin ne ménage pas ses critiques envers les Etats-Unis. Alors que le ministre de l’Economie, Eric Lombard, faisait état, ce jeudi 17 juillet, de négociations «extrêmement difficiles» avec Washington concernant les droits de douane. Le ministre délégué chargé du Commerce extérieur a fermement condamné l’attitude de Donald Trump. Pour Laurent Saint-Martin, le principal obstacle au compromis réside dans la décision américaine d’imposer des taxes unilatérales. «Pour l’instant, nous n’arrivons pas à trouver les bonnes conditions d’un accord permettant de protéger les intérêts des deux parties», a-t-il d’abord reconnu ce vendredi sur le plateau de BFM TV.

Avant de préciser : «Ce qui bloque, c’est que les Etats-Unis, unilatéralement, ont imposé une guerre commerciale, que nous considérons comme absurde, injuste, contre-productive et récessive pour notre économie européenne, mais pour la leur aussi», soulignant un effet inflationniste actuellement aux Etats-Unis. Un désaccord aggravé par l’imprévisibilité de l’administration américaine, selon Laurent Saint‑Martin qui pointe «le changement de discours régulier du président américain», entre hausses et replis tarifaires.

«On est dans le ‘money time’»

«Ce qui est difficile, c’est le changement de discours régulier du président américain, disant finalement que ça va être 20%, puis 50, puis 10, puis 30, et que donc les méthodes de négociation ne sont pas aisées pour la commission européenne parce qu’il y a beaucoup de revirements de situation», a-t-il regretté. A moins de deux semaines de l’échéance du 1er août, date à partir de laquelle les droits pourraient grimper à 30%, l’UE se trouve dans une phase cruciale. «On est dans le ‘money time’», a insisté le ministre chargé du Commerce extérieur, qui s’est dit «prudemment optimiste».

«Je considère que tout ce que nous avons vu depuis six mois avec le président américain et son administration ne nous permet jamais de conclure de façon définitive avant la date dite», a-t-il expliqué. Avant de poursuivre : «Donc tant que ce n’est pas fait, par respect pour les chefs d’entreprise français, pour nos filières, je ne me permettrais pas de dire ‘c’est bon, c’est derrière nous’».

A l’approche de la date butoir, les négociations restent fragiles, et l’issue de ce bras de fer commercial pourrait avoir des conséquences importantes pour les économies des deux côtés de l’Atlantique.