Vendredi neuf janvier, le Premier ministre Sébastien Lecornu a pris son gouvernement et les parlementaires par surprise, en déclarant fermement qu’il était ouvert à la tenue de nouvelles élections législatives en cas de dissolution de l’Assemblée nationale. Un coup de pression surprenant, alors que l’exécutif est encore une fois menacé d’être renversé dans les prochaines semaines, si les discussions parlementaires concernant le budget 2026 échouent encore une fois. Par ailleurs, le gouvernement fait l’objet, depuis vendredi 9 janvier, de deux motions de censure, déposées respectivement par La France Insoumise et le Rassemblement national, à la suite du refus d’Emmanuel Macron de signer l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur.

Pour une élue Renaissance, interrogée par Le Parisien, l’évocation de cette possibilité est agaçante. D’autant que, pour l’heure, l’idée d’une deuxième dissolution de l’Assemblée nationale n’est pas consensuelle du tout auprès de l’opinion. Par ailleurs, les oppositions affichent très fermement leur désaccord, en assurant ne pas craindre un retour aux urnes du côté de Jean-Luc Mélenchon, ou en interprétant cette déclaration comme une pure provocation concernant Sébastien Chenu.

«Mon combat, c’est la stabilité»

Mais selon les réponses accordées par Sébastien Lecornu au Parisien, ce dernier n’est pas du tout tenté par le chaos. «Soyons clair. Je ne veux ni de la censure, encore moins de la dissolution. Mon combat c’est la stabilité et repousser le désordre», explique-t-il. Pour le Premier ministre, cette déclaration avait davantage pour objectif de déclencher un électrochoc. Mais une motion de censure votée enverrait «un signal dramatique» aux partenaires.

En fait, le Premier ministre a demandé au ministre de l’Intérieur de préparer un scénario de législatives anticipées organisées en même temps que les municipales, les quinze et vingt-deux mars. Mais en interne, si l’option a été discutée avec Emmanuel Macron, peu croient qu’elle sera déclenchée.