
L’approbation du traité sur le Mercosur avec l’Union européenne par une majorité des pays membres est loin d’avoir été accueillie avec ferveur par l’opposition de la classe politique française. Malgré le vote contre de la France annoncé par Emmanuel Macron avant le vote, le Rassemblement national et La France insoumise ont annoncé le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu. Deux motions loin de plaire au principal intéressé qui a tenu à dénoncer dans la foulée, dans un post sur X, des «postures cyniques et partisanes».
La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre, sans surprise.
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) January 9, 2026
Déposer une motion de censure dans ce contexte, c’est choisir délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes. C’est choisir d’affaiblir la voix de la France plutôt que de montrer…
Pour autant, l’exécutif ne semble pas décidé à en rester là et brandit la menace d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale dans le cas où l’une de ces motions serait adoptée par une majorité de députés. Ainsi, comme le rapporte Les Échos, le Premier ministre a demandé à son ministre de l’Intérieur de préparer d’ores et déjà de nouvelles élections législatives dans le cas où une telle situation se produirait. Celles-ci auraient alors lieu le même jour que les prochaines élections municipales, à savoir les 15 et 22 mars prochains. Toutefois, alors que la décision d’une dissolution revient exclusivement au chef de l’État, selon les informations de nos confrères, ce dernier serait bel et bien aligné sur les positions de son Premier ministre.
Une chute du gouvernement qui reste faible
Si, pour Sébastien Lecornu, ces deux motions de censure restent «incompréhensibles» selon l’un de ses proches, notamment du fait de la décision de la France de se prononcer contre le Mercosur, reste qu’en agitant la menace d’une dissolution, l’exécutif risque d’attiser les tensions avec l’opposition. Malgré une chute du gouvernement qui s’annonce pourtant peu probable, par cette mise en garde, le locataire de Matignon entend envoyer un signal fort aux députés, notamment à la quinzaine d’élus du PS toujours tangents à l’idée de censurer l’exécutif sans forcément être partants pour se retrouver devant leurs électeurs.
D’autant que ces deux motions viennent bousculer le calendrier de l’Assemblée nationale, et ce alors même que les discussions sur le budget reviennent dans l’hémicycle. Alors que la France n’a toujours pas de budget et que le pays traverse une importante crise agricole, la ministre des Comptes publics a elle aussi tenu à faire une mise au point. «S’il n’y a pas de gouvernement, il n’y aura pas de solutions pour les agriculteurs», a-t-elle expliqué lors de la présentation des mesures de l’exécutif pour la filière agricole. Et d’ajouter : «Ce plan dépend de notre capacité à avoir un budget, et un vrai budget.»


















