
Sommaire
- Navigation : il n’a pas toujours le compas dans l’œil (3,5/5)
- Aspiration : un trop-plein d’enthousiasme qui nuit à l’efficacité (3,5/5)
- Lavage des sols : quand le rouleau fait du bon boulot (4,5/5)
- Ergonomie de l’application : des efforts à fournir pour plus de liberté (3,5/5)
- Entretien : simple mais quelques points à surveiller (4/5)
- Réparabilité : un bon élève
- Deux alternatives à l'Ecovacs Deebot T80 Omni
- Conclusion
On pourrait aisément le confondre avec le membre de la famille haut de gamme Ecovacs, le Deebot X8 Pro Omni, à qui il emprunte nombre de caractéristiques. Pourtant, le T80 Omni parvient à sortir de l’ombre de son aîné sur plusieurs points. Si l’air de famille reste indéniable, il a pour lui une station d’accueil autonome plus compacte (ce qui n’est pas sans conséquences), un dispositif anti-enchevêtrement revu et surtout, un prix plus attractif sans consentir trop de compromis sur la fiche technique. Pour ce modèle, Ecovacs conserve ainsi la méthode du lavage au rouleau serpillière qu’il maîtrise depuis un bon moment déjà. La capacité d’aspiration de 18 000 Pa, légèrement inférieure à celle du X8 Pro Omni, devrait l’aider à maintenir un sol propre sans trop de difficultés. Nous lui avons donc confié l’entretien de notre logement pendant plusieurs semaines pour vérifier si les promesses d’un nettoyage efficace restent tenues pour un prix plus serré.
Et si le Deebot T80 Omni ne semble pas correspondre à vos attentes, n’oubliez pas de consulter notre guide des meilleurs aspirateurs robots pour y dénicher celui qui vous convient le mieux.
Navigation : il n’a pas toujours le compas dans l’œil (3,5/5)
Pour ce modèle, Ecovacs a repris peu ou prou le design instauré sur le X8 Pro Omni. On retrouve donc un robot démuni de tourelle pour héberger le télémètre laser. Celui-ci se loge directement en façade, juste au-dessus du pare-chocs. Ce qui explique la large fente à l’avant (qui accumule au passage pas mal de poussière).

La technique permet toutefois d’abaisser la hauteur de l’appareil à 9,8 cm pour se faufiler plus facilement sous les meubles bas. Pour guider le robot, le LiDAR est secondé par le système maison AIVI 3D 3.0, qui comporte une caméra frontale et un projecteur de lumière 3D structurée. Un ensemble qui doit permettre au robot de se déplacer sans heurts et d’éviter les obstacles qui se présentent devant lui. Dans la réalité, tout n’est pas très bien maîtrisé. La carte dressée par le Deebot T80 Omni à l'issue de son tour de reconnaissance manque de précision, avec un découpage des pièces parfois peu fidèle à la réalité. Le LiDAR encastré montre ici ses limites. Notre couloir a été, par exemple, mystérieusement amputé de quelques dizaines de centimètres, quand notre cuisine empiétait allègrement sur l’entrée. Il vaut donc mieux bien vérifier la carte établie et la retravailler pour retrouver les bonnes proportions avant de la valider. Cela évitera les mauvaises surprises par la suite.

Quant à l’évitement d’obstacles, il mériterait lui aussi un peu plus de précision. Il a correctement évité le câble USB comme la chaussette ou le chausson laissés sur sa trajectoire, mais n’a pas décelé la présence de notre figurine de 2 cm de haut. Par ailleurs, malgré la présence de la caméra en façade, les obstacles rencontrés ne sont ni indiqués sur la carte, ni pris en photos. Dommage.
Aspiration : un trop-plein d’enthousiasme qui nuit à l’efficacité (3,5/5)
Le T80 Omni embarque un moteur capable de déployer une puissance d’aspiration de 18 000 Pa. C’est 2 000 Pa de moins que le X8 Omni, mais la différence d’efficacité de nettoyage ne se joue pas sur cet unique critère. En effet, l’appareil se dote d’une brossette latérale fixe, contrairement à son aîné. Elle ne se déploie pas pour longer les murs ou atteindre les coins et les angles.

Par ailleurs, sa vitesse de rotation n’est pas toujours bien adaptée. Si bien que sur sols durs, elle peut avoir tendance à éparpiller les gros débris comme les grains de litière ou de riz. Et, même lorsqu’on ordonne un nettoyage en deux passages avec un circuit serré (baptisé « En profondeur » dans les réglages), le résultat n’est pas toujours satisfaisant. Quelques petits débris subsistent, le long des murs notamment.
Sur tapis et moquette, le T80 se montre un peu moins brouillon. Sa brossette latérale continue de tourner, mais son allure moins soutenue permet de collecter plus facilement les débris accrochés aux fibres. Deux passages restent néanmoins nécessaires pour extirper des cheveux longs et autres poils d’animaux qui opposent un peu de résistance.
Côté bruit, le T80 Omni se classe dans la moyenne. Nous avons mesuré 56 dB(A) à 1,5 m de distance avec le mode d’aspiration Standard. Le son grimpe à 63 dB(A) en mode Max et 69 dB(A) en Max+.
Lavage des sols : quand le rouleau fait du bon boulot (4,5/5)
On retrouve sur ce modèle moins cher la technique du rouleau serpillière, baptisée Ozmo Roller. Selon la marque, le robot exerce une pression au sol de 3 700 Pa (soit 0,037 kg force/cm2) soit, toujours d’après Ecovacs, 16 fois plus que les robots équipés de patins rotatifs.

Ce rouleau de 18 cm de long tourne à 200 tours/minute. Il est rincé en permanence et passe devant une raclette pour éliminer les débris et se débarrasser de l’eau sale. Ce procédé permet de conserver un rouleau toujours propre (ou en tout cas moins sale que des patins ou qu’une serpillière à oscillation) et d’éviter la contamination entre les zones à laver.
Par ailleurs, l’Ozmo Roller peut se déporter de quelques centimètres sur le flanc droit du robot, afin de pouvoir longer les murs et atteindre les pieds de meubles.

Et la technique se révèle toujours efficace. Sur les taches sèches (traces de pas, sauce, etc.) le T80 travaille bien en laissant derrière lui un sol impeccable. Attention toutefois à garder un œil sur le débit d’eau défini (ajustable sur 50 niveaux). Sur parquet, si la quantité d’eau choisie est trop importante, le sol peut présenter de belles traces du passage de l'aspirateur (notamment là où il effectue ses virages), et mettre un bon moment à sécher. Sur carrelage en revanche, la contrainte est moindre et le rouleau, fortement humidifié, donne de très bons résultats.

Avec les taches fraîches comme du café ou de la sauce renversée, c’est là aussi tout bon. Le rouleau se montre bien plus efficace que les patins rotatifs ou la serpillière vibrante. Après détection, le robot effectue trois passages. Le sol est alors propre et ne colle pas.
Mais le T80 n’est pas pour autant un véritable expert du lavage. D’abord, sa brossette latérale continue de tourner pendant l’opération. Elle s’encrasse donc assez rapidement au contact du sol humide ou des liquides renversés. Puisqu’elle ne se relève jamais, le robot peut, malgré lui, étaler les liquides. Par ailleurs, comme elle ne cesse de tourner, lorsque l’appareil rejoint sa base, il peut aussi laisser quelques traces sur les tapis et moquettes qu’il traverse.

Enfin, si l’Ozmo Roller parvient à longer efficacement les murs et le bord des meubles, il se montre plus à la peine dans les coins (inatteignables pour lui) et avec les angles saillants. Comme de nombreux autres robots (même plus haut de gamme), celui-ci emprunte une trajectoire trop large lors des virages et rate de fait quelques zones.
Ergonomie de l’application : des efforts à fournir pour plus de liberté (3,5/5)
L’application fournie par Ecovacs pour piloter son robot n’est pas la plus intuitive et la plus ergonomique du genre. La carte affichée présente le logement découpé en autant de rectangles qu’il y a de pièces. Cependant, leurs contours réels ne sont pas toujours bien lisibles. Ce qui reste pénalisant lorsqu’il faut les redimensionner. Une étape obligatoire puisque l’appareil, comme nous l’avons vu plus haut, n’est pas vraiment un expert sur le terrain de la cartographie. Par ailleurs, si le T80 Omni embarque bien une caméra, elle ne lui permet pas de placer sur la carte les meubles croisés sur sa route. Il faudra les placer vous-même.

Quand vient le moment du nettoyage, les diverses options sont proposées de façon assez claire. Mais l’on doit faire face à quelques frustrations. On constate par exemple que l’appli ne propose pas un mode « Lavage uniquement ». L’utilisation de la serpillière est conditionnée à une phase d’aspiration antérieure ou simultanée. Ensuite, si l’on souhaite procéder à une aspiration puis un lavage à la serpillière, il n’est plus possible d’ordonner deux passages. Un manque de liberté dans les choix inexplicable et surtout assez gênant. Et si vous souhaitez vous en remettre à l’IA pour laisser au robot le choix dans les paramètres de nettoyage pour chaque pièce, la frustration se renforce puisque ce mode s’applique au logement entier. Et il n’est pas possible non plus de contourner ces limitations en créant des raccourcis ou des scenarii. Ecovacs doit donc revoir son appli pour laisser à l’utilisateur plus de latitudes.
Entretien : simple mais quelques points à surveiller (4/5)
Si le T80 ressemble à s’y méprendre au X8 Pro Omni, ce n’est pas le cas de la station qui l’accompagne. Ses mensurations, bien plus compactes (33,8 x 50 x 45,9 cm), lui permettent de trouver plus facilement sa place dans un espace restreint. Ce régime minceur n’est toutefois pas sans impact sur l’autonomie de l’appareil. En effet, la station dispose, comme celle du X8 Pro, d’un bac d’eau propre de 4 L, mais son bac d’eau sale ne peut plus accueillir que 2,2 L. Il faudra donc songer à le vider régulièrement.

Autre différence par rapport au X8 Pro : l’absence ici de distributeur automatique de détergent. Si vous souhaitez en utiliser (ce qui est toujours préférable pour éliminer les taches lors du lavage), il faudra en ajouter manuellement dans le réservoir d’eau propre.
Ce sont les seuls gros compromis consentis sur la station. Le lavage de la serpillière s’effectue avec de l’eau chauffée entre 40°C et 75°C et son séchage est opéré à l’air chaud (45°C contre 65°C sur le X8 Pro). Le temps de séchage complet dure entre 2h et 3h. Il faudra aussi garder un œil sur la planche de lavage qui peut s’encrasser rapidement, notamment si des animaux domestiques poilus sont présents. Elle se retire facilement de la station et peut être rincée sous le robinet.

Côté robot, l’entretien se révèle très aisé. Ecovacs a retravaillé son système anti-enchevêtrement et il se montre plus efficace encore que celui du X8 Pro. Après plusieurs semaines d’utilisation, la brosse principale comme la brossette latérale ne souffrait d’aucun cheveu entortillé.

Seule la seconde était un peu encrassée puisqu’elle passe son temps à tourner au sol, même lorsque le robot est en mode lavage. Il faudra également surveiller le réservoir d’eau sale placé à l’arrière du robot. Il peut parfois accumuler quelques débris. Là encore, il se déclipse facilement pour être rincé.

Quant au rouleau, son démontage s’effectue rapidement pour pouvoir le passer en machine de temps en temps. Il est resté globalement très propre durant nos tests (malgré la sauce soja renversée). Un petit coup de chiffon de temps en temps sur la raclette pour la débarrasser d’éventuels débris suffit à la maintenir propre.

Réparabilité : un bon élève
L’indice de réparabilité du T80 Omni s’établit à 8,6/10. Un score très honorable qu’il doit aux bonnes notes obtenues pour sa facilité de démontage, aux méthodes de fixation de certaines de ses pièces, ou encore au rapport qualité/prix des pièces de rechange susceptibles de casser le plus souvent. En revanche, Ecovacs doit encore travailler certains points, comme la disponibilité des pièces dont le bon état est nécessaire au fonctionnement de l’appareil. Un critère où l’appareil récolte 0/10.
Deux alternatives à l'Ecovacs Deebot T80 Omni
Dreame Aqua 10 Roller
Un peu plus cher que le T80 Omni, l’Aqua 10 Roller de Dreame se dote lui aussi d’un rouleau serpillière. Le robot dresse une carte précise du logement et offre bien plus de personnalisation pour les phases de nettoyage. Il doit cependant progresser dans la reconnaissance des obstacles.
Eufy Omni E28
Au lavage au rouleau, le E28 de Eufy ajoute un petit bonus original. Il intègre un nettoyeur pour tapis et tissus qui se désolidarise de la station. Avec un peu d’huile de coude, il peut aider à éliminer les taches sur les canapés et fauteuils par exemple. Une innovation pratique qui étend les possibilités de l’appareil.
Conclusion
La technique du lavage au rouleau commence à se répandre chez la concurrence, mais Ecovacs conserve une petite longueur d’avance. Avec le Deebot T80 Omni, la marque parvient à se détacher du lot en maintenant un prix plus accessible. Et l’on n’y perd que très peu au change. La technique reste bien maîtrisée et toujours aussi efficace. Si le lavage des sols constitue votre priorité, le T80 Omni se présente comme un très bon candidat. Néanmoins, on aurait apprécié que ce niveau de qualité s’étende à d’autres critères. D’abord, la navigation mérite d’être un peu revue pour une meilleure précision. Ensuite, l’aspiration, si elle se révèle convaincante, se voit desservie par une brossette latérale non extensible et un peu trop enthousiaste pour assister le robot dans sa tâche. Sans compter qu’elle demeure active en permanence, même pendant le lavage. Enfin, Ecovacs doit revoir son appli pour laisser plus de liberté dans les usages. Les modes prédéfinis ne conviennent pas à toutes les situations. Quelques défauts donc que des mises à jour logicielles devraient être en mesure de corriger.
Note de la rédaction 3,8/5
- Navigation : 3,5/5
- Qualité d’aspiration : 3,5/5
- Qualité de lavage : 4,5/5
- Ergonomie de l’application : 3,5/5
- Entretien : 4/5
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