
La CFDT avait prévenu lundi 23 juin : il ne restait que quelques heures pour sceller un accord sur les retraites, notamment avec le patronat. Une réunion de la dernière chance qui a finalement accouché d’une souris. Lundi soir, le patronat et les syndicats ne sont pas parvenus à se mettre d’accord. «Le patronat a fermé la porte aux syndicats, notamment sur la proposition que les salariés les plus exposés à la pénibilité n'aient pas le même effort à faire que les autres», regrettait Yvan Ricordeau, négociateur de la CFDT, pour qui «la discussion s’arrête».
Une situation qui ne plaît pas du tout le Premier ministre, François Bayrou. Lors d’une allocution depuis Matignon ce mardi matin, le Premier ministre a regretté cet «échec». Surtout, il ne s’en satisfait pas «si près du but». «Nous étions très près d'un accord historique», a martelé le locataire de Matignon. Et d’ajouter : «Je peux naturellement comprendre qu'on constate un échec lorsqu'on est sur des positions radicalement différentes ou opposées. Mais je ne peux pas accepter sans réagir qu'on se satisfasse d'échouer si près du but.»
La CFDT et la CPME répondent favorablement à François Bayrou
Toujours dans l’idée de «rechercher une voie de passage», François Bayrou invite toutes les organisations autour de la table ces derniers mois à le rencontrer ce mardi 24 juin. «Je considère donc que notre devoir est de ne pas baisser les bras et de tout faire pour permettre de dépasser un tel blocage.» François Bayrou a rappelé que de «nombreux points d’accord étaient sur le point d’être actés» et que les discussions s’étaient tenues «dans un climat de bonne coopération». Un «travail sans intervention du gouvernement» qu’il a salué, soulignant également que l’on était passé «de l’affrontement au travail en commun».
A peine l'invitation lancée, la CFDT a annoncé son intention de se rendre à la réunion proposée par François Bayrou. En colère après l'échec des négociations, Marylise Léon a confirmé : «Je serai à Matignon», ajoutant toutefois que son syndicat «ne va pas être en négociation avec le Premier ministre». Pour elle, «les organisations patronales portent une lourde responsabilité dans cet échec». De son côté, la deuxième organisation patronale, la CPME, confirme qu'elle ira «bien évidemment» à la réunion convoquée par François Bayrou.
Le Medef veut «poursuivre le dialogue»
«On sera au rendez-vous, pour qu'on puisse aider à trouver une voie de passage», a confirmé son président, Amir Reza-Tofighi sur BFM Business. De son côté, la leader de la CGT, Sophie Binet, a réclamé que «la CGT et Force ouvrière doivent être invitées» à Matignon. «Le Premier ministre doit inviter l'ensemble des organisations représentatives», a-t-elle déclaré sur RMC. Pointé du doigt, le Medef a également réagi : «Il faut que le dialogue social se poursuive», a réagi Patrick Martin sur franceinfo. Pour le patron des patrons, «il est important de tenir le dialogue avec les syndicats, avec le gouvernement lui-même», toutefois, «cette affaire n'est pas la fin du monde, elle est importante (le conclave, ndlr). Mais au regard de l'actualité, on mesure la relativité de ce sujet.»



















