
L’affaire remonte à décembre 2022. À cette époque, une employée d'Âges et Vie Gestion, entreprise spécialisée dans l'accueil des personnes âgées, réagissait au poste d’une de ses collègues sur les réseaux sociaux (Facebook). Cette dernière accusait son entreprise de manquer de respect et de bienveillance envers les personnes âgées, rappelle France 3 Bourgogne-Franche-Comté. Pour lui apporter son soutien, la salariée avait utilisé l’émoticône «solidaire», un personnage qui serre un cœur contre lui. La direction avait alors estimé que cette marque de soutien était «contraire à l'intérêt de la société».
Des «propos dénigrants» selon la société qui l’avait ensuite mise à pied. L’entreprise l’avait présentée à un inspecteur du travail pour une demande d'autorisation de licenciement qui avait finalement été validée début 2023. Mais la chargée de clientèle avait contesté ce licenciement et avait donc saisi la justice pour faire valoir son droit à la liberté d’expression. Son cas était jugé par le tribunal administratif de Besançon depuis le 26 septembre dernier.
Des faits «pas suffisants» pour un licenciement
La salariée a finalement obtenu gain de cause, indiquent nos confrères puisque le tribunal administratif a annulé cette autorisation de licenciement. La justice a estimé d’une part que la publication de l’autre employée, sur un compte Facebook privé, «a l'objet d'une faible diffusion» puisque la salariée mise en cause «n'était pas identifiable» en tant que salariée de l'entreprise. En outre, ces faits ne sont pas d’une «gravité suffisante» pour justifier un tel licenciement, a estimé le tribunal.
L’Est Républicain indiquait que la société Âges et Vie Gestion reprochait également à sa salariée licenciée d’avoir tenu une conversation téléphonique avec sa collègue où elle aurait affirmé que les faibles rémunérations du personnel contribuaient aux difficultés de recrutement dans la société. Des faits qui auraient été rapportés par une autre salariée. Sur ce point, le tribunal n’a pas statué. L’État devra également verser 1 500 euros à la plaignante.


















