Comme nous le relayions le 14 avril dernier, quatre salariés de Starbucks et Prêt-à-Manger à l'aéroport de Marseille-Marignane ont été licenciés. Leur direction leur reproche d'avoir distribué des invendus à des sans-abris, mais aussi à des membres du personnel de ménage de l'aéroport. Sur ce dernier point, les désormais ex-salariés affirment que la direction encourageait cette pratique, demandant un peu de ménage en échange de ces repas, faute de prestataire pour l'effectuer. Ils ont saisi les prud'hommes.

Le journal 20 Minutes a posé à Yves Nicol, avocat en droit du travail au barreau de Lyon, toutes les questions qui peuvent se poser après le licenciement de ces salariés. Leur cas n'est d'ailleurs pas le seul évoqué : ici un employé de grande surface viré pour avoir récupéré des pizzas destinées à la poubelle ; là, un autre mis à pied pour avoir pris des melons et des salades dans la benne à ordure du magasin ; une troisième, mise à la porte pour avoir validé quatre bons de réduction de quelques centimes. «Des cas comme ça, il y en a plein les Prud’hommes», confirme Yves Nicol.

Les employés peuvent récupérer les invendus, en dehors de leur temps de travail

Concernant la récente affaire des sandwiches, «aucune entreprise de ce type ne fonctionne sans règlement intérieur» selon Yves Nicol. Ce document peut prévoir «une échelle de sanctions, du rappel à l’ordre au licenciement pour faute grave, qui dépendent de la fréquence et des quantités» précise-t-il. Sur les personnels de ménage «payés» en nourriture, «s’il y a eu instruction de l’employeur, même verbal, et que cela est démontré avec des témoignages, c’est très grave et c’est du travail dissimulé». Mais «cela a pu aussi être fait à son insu».

Par ailleurs, Yves Nicol est formel : les invendus, après avoir été écoulés, dans certains cas, auprès des start-up de récupération et de redistribution à bas coût de type Too Good to go, peuvent être récupérés par les employés. Et ce, même si le règlement intérieur leur impose de les jeter à la poubelle. En effet, les salariés ont le droit de revenir les ramasser, à condition que ce soit en dehors de leur temps de travail et que les bennes soient accessibles. «Dans ce cas-là, l’employeur n’a rien à opposer», confirme l'avocat.