Une volonté claire de faire des économies. Alors que le gouvernement cherche par tous les moyens à réduire les dépenses de l’État, la Cour des comptes recommande de ne plus rembourser les cures thermales prescrites par les médecins généralistes. Dans un établissement d'Aix-les-Bains, en Savoie, cette nouvelle ne ravit pas les patients, loin de là. «Depuis trois ans, je ne touche plus à un antibiotique, je n'ai plus aucune bronchite, aucun problème respiratoire, alors que toute ma vie j'ai eu des soucis de ce genre», confie Marcel Chavanon, qui souffre de bronchites chroniques, auprès de France 2.

Ainsi, la majorité des curistes n’a pas l’intention de renoncer. «Ce n’est pas du tout des vacances, c'est un traitement. C'est sain, ce n'est pas des médicaments et ça a un effet vraiment bénéfique», précise un patient. Face au risque du déremboursement, l'établissement redoute de perdre la majorité de sa patientèle, à savoir 19 000 curistes.

La cure thermale coûte 200 millions d’euros chaque année à la Sécurité sociale

Les professionnels de santé doutent de l’efficacité de ces cures, c’est pourquoi la Cour des comptes préconise la fin du remboursement. «La cure thermale coûte à la Sécurité sociale, chaque année, 200 millions d’euros. C’est relativement stable depuis dix ans puisqu’on était à 200 millions d’euros en 2013», confie Frédéric Bizard, économiste de la santé à l’Institut Santé. Ce coût ne représente que 0,1 % du budget global.

Le son de cloche est le même à Enghien-les-Bains, bastion historique du thermalisme. Pour Céline Meglioli, directrice des établissements locaux, interrogée par 24matins, «ce serait purement la fin de notre activité». La station avait également beaucoup souffert du Covid-19 car elle accueille aujourd’hui environ 300 curistes par an, contre plus de 500 avant 2020. Selon le professeur André Grimaldi, l’idée de la Cour des comptes de dérembourser les cures thermales est une «supercherie». «Tout comme une semaine au ski ou à la mer ferait du bien… mais cela ne relève pas de la médecine, donc ne doit pas être remboursé», insiste celui qui officie au CHU Pitié-Salpêtrière.