Les patrons de Renault et Stellantis ont enterré leur rivalité pour faire front commun contre l'excès des normes européennes. Tous deux réclament un allègement de ces normes qui selon eux, entravent l'activité industrielle des pays de l'Union. Dans leur viseur, les mesures destinées à notamment préserver l'environnement ou encore la qualité du travail. Sans remettre directement en question leur pertinence et leur finalité, Luca de Meo et John Elkann appellent à simplifier ces textes, responsables, selon eux, de l'effondrement des ventes de véhicules. Concrètement, ils estiment que les normes ne devraient pas être identiques pour une grosse berline et une citadine, les petits modèles étant lésés.

Mais pour Sophie Binet, cette demande conjointe des deux constructeurs est «une honte». La secrétaire générale de la CGT s'en expliquait au micro de BFMTV le 16 mai dernier : «Ils ont une stratégie de délocalisation depuis très longtemps pour accroître leurs marges, dénonce-t-elle. L'automobile en France, depuis dix ans, c'est 100 000 suppressions d'emplois. Si on les laisse faire, ce sera 80 000 suppressions de plus dans les cinq ans». Pour Sophie Binet, le basculement du thermique vers l'électrique est un «prétexte. Leur seul objectif est de produire pour toujours moins cher et de délocaliser les capacités de production».

«Il faut conditionner les droits de douane aux normes sociales et environnementales» estime Sophie Binet

Mais ne pas répondre aux demandes de Renault et Stellantis ne consisterait-il pas à favoriser l'importation de véhicules ne respectant pas les normes dénoncées ? Interroge la journaliste Apolline de Malherbe. «Justement, c'est pour cela qu'il faut conditionner les droits de douane aux normes sociales et environnementales» juge Sophie Binet. Et de dénoncer : «Aujourd'hui, que fait Renault ? Il envoie ses moteurs être produits ailleurs. L'entreprise s'était engagée à ce que tous les moteurs électriques de la gamme soient fabriqués dans son usine de Cléon, en Seine-Maritime. Et les salariés viennent d'apprendre qu'une partie de ces moteurs serait envoyée au Portugal et en Chine !»

Enfin, concernant le prix des voitures électriques dont la production serait assurée dans l'Union et dans le respect des normes, la secrétaire générale de la CGT souligne : «Nous savons que Renault et Stellantis pourraient produire et fabriquer en France un véhicule électrique qui serait commercialisé autour de 15 000 euros. C'est ce que fait Nissan au Japon. Pour cela, il faut réduire les marges et changer de gamme». Alors que «les constructeurs européens ont fait le choix de produire des gros véhicules chers pour avoir plus de marges», la CGT préconise de «produire des véhicules plus petits et moins polluants».

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