Le groupe LVMH réorganise ses rangs au moment où l’Amérique du Nord devient plus incertaine pour le secteur du luxe. Selon FashionNetwork, Bernard Arnault a confié à Michael Burke, son conseiller personnel depuis 2023 et ancien PDG de Louis Vuitton, la direction d’une toute nouvelle entité : la division Amériques. Ce poste inédit, qui couvre l’ensemble des activités du groupe en Amérique du Nord et du Sud, a été pensé pour répondre à un contexte économique de plus en plus volatil. LVMH, qui réalise près d’un quart de son chiffre d’affaires aux États-Unis, tente de s’adapter à une demande en recul et à des tensions politiques croissantes. Cette nomination marque aussi une nouvelle étape pour Michael Burke, qui fait partie des plus anciens collaborateurs de Bernard Arnault. L’annonce aurait été faite en interne lundi, toujours selon FashionNetwork.

Michael Burke, 68 ans, connaît parfaitement la maison. Diplômé de l’EDHEC, franco-américain, il a gravi les échelons du groupe en dirigeant successivement Dior aux États-Unis, Fendi, Bulgari, et surtout Louis Vuitton, qu’il a piloté pendant une décennie. Depuis début 2024, il préside le LVMH Fashion Group, qui regroupe notamment Givenchy, Celine, Kenzo, Loewe ou encore Marc Jacobs. Il reste aussi président non exécutif du joaillier Tiffany, acquis par le groupe en 2021. Avec ce nouveau rôle, il devient le visage du groupe sur l’ensemble du continent américain, avec pour mission de défendre ses intérêts dans une conjoncture jugée incertaine par de nombreux analystes.

Un poste stratégique face aux tensions du marché

Derrière cette création de poste, il y a l’envie de resserrer les lignes à un moment charnière. Selon l’agence Meet & Match, spécialisée dans les recrutements du secteur, Michael Burke aura pour mission de représenter LVMH dans un «contexte géopolitique complexe», entre l’Amérique du Nord et du Sud. Aux États-Unis, la menace de nouveaux droits de douane imposés par Donald Trump pèse sur les perspectives. Le groupe a d’ailleurs enregistré une légère baisse de ses ventes sur ce marché lors du premier trimestre 2025, un signal qui n’est pas anodin pour le numéro un mondial du luxe.

Les difficultés ne sont pas propres à l’Amérique. Une étude du cabinet Bain and Company, parue mi-juin, évoquait une baisse de régime généralisée, notamment en Chine, autre pilier du secteur. Là-bas, l’attentisme de la classe moyenne ralentit les achats. En misant sur un profil chevronné comme Michael Burke, LVMH cherche à garder une longueur d’avance, malgré les vents contraires. L’approche est claire : consolider l’ancrage local, tout en pilotant avec finesse les incertitudes politiques, commerciales et sociales qui redessinent le luxe.