
Le CAC 40 a plongé cette semaine, suite aux annonces de François Bayrou lundi dernier. L’indice actions phare de la Bourse de Paris accuse ainsi un net retard vis-à-vis du marché actions américain, alors que le S&P 500 et le Dow Jones évoluent à des niveaux record et que le Nasdaq 100 évolue à proximité de son pic historique. «La France entre dans un moment de vérité. Si le vote de confiance décidé par Français Bayrou devait échouer, c’est la stabilité de la cinquième République qui serait testée», relève Cité Gestion.
Et «même en cas de survie, la fracture budgétaire et sociale resterait béante», avertit la banque privée, qui précise que le signal d’alarme ne viendra pas du gouvernement mais «de la rue et du marché». Le CAC 40 devrait donc suivre de près l’évolution de la situation sociale (grèves, manifestations et autres troubles, qui pourraient avoir un impact sur l'économie française) et de l’écart de taux d’intérêt entre la France et l’Allemagne (la référence européenne, pour les obligations d’Etat et les marchés de taux), jauge du stress sur les perspectives de l’Hexagone. Si le taux à 10 ans de la France devait trop s'écarter de celui de l’Allemagne et franchir pour de bon le seuil de 3,6%, la Bourse de Paris devrait alors accuser le coup. Et les ETF sur CAC 40 (produits d’investissement répliquant le marché actions français) plongeraient aussi.
Le CAC 40 surveille la crise politique, la note de la France sera-t-elle abaissée ? Comment réagira la Bourse de Paris ?
Les pressions économiques, politiques et sociales fragilisent la France, alors qu’elle était déjà menacée d’un abaissement de la note des agences de notation ! Ces dernières risqueraient de sévir, en cas de chute du gouvernement Bayrou. Et ce, alors que la simple dérive des finances publiques de la France depuis de longues années, associée à une croissance économique molle, aurait déjà pu justifier un abaissement de la note de crédit de l’Hexagone. Alors que le CAC 40 a déjà réagi négativement dernièrement aux pressions haussières sur le taux à 10 ans de la France (reflet de la montée des inquiétudes sur l’avenir du pays), les investisseurs en actions et en obligations «se préparent à un mois de septembre particulièrement tendu», avertit Cité Gestion.
En France, les gouvernements éphémères s’enchaînent et l’exécutif est fragilisé. Et la perte de la majorité parlementaire plombe le second mandat Macron. Une instabilité qui suscite logiquement la méfiance des investisseurs en Bourse et en obligations françaises. «Les élections anticipées sont devenues une menace permanente qui empêche toute lisibilité économique», met en garde Cité Gestion. Le RN et une partie de la gauche réclament déjà une dissolution, avec à la clé «un double risque de blocage institutionnel et de perte de crédibilité internationale», ajoute la banque privée.
Déjà, la France est sous pression des agences de notation, qui avaient déjà indiqué que les perspectives de la note de l’Hexagone étaient négatives. Or, un nouvel abaissement de note de la France enverrait un signal de défiance aux marchés, renforçant la spirale de fragilisation financière. Il pèserait non seulement sur les conditions de financement de l’Etat (risque de hausse des taux à long terme), mais aussi sur l’attractivité économique (baisse probable des investissements étrangers) et la confiance des entreprises et des ménages. Une baisse de la note de la France «augmenterait la pression pour réduire les dépenses publiques et augmenter les impôts (ce qui aurait un impact négatif sur la croissance économique française, NDLR) ou lancer des réformes structurelles (a priori impopulaires, avec un risque de troubles sociaux à la clé, NDLR)», fait valoir Cité Gestion.
Le S&P 500 et le Nasdaq ont profité des espoirs de baisse des taux de la Fed, mais sont-ils justifiés ?
A Wall Street, le S&P 500 et le Nasdaq 100 (et les ETF correspondants) ont affiché une nette surperformance vis-à-vis du CAC 40, ces derniers temps. Le marché actions américain a profité des espoirs de baisse des taux de la Fed dès septembre, alors que le patron de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, a ouvert récemment la porte à un tel scénario. Mais si la croissance économique des Etats-Unis donne des signes de fatigue sur certains fronts, elle reste assez résistante par certains côtés.
Si on ajoute le niveau élevé de l’inflation américaine, on peut «douter des anticipations de marché, qui tablent sur un début de baisse des taux de la Fed au troisième trimestre», juge Schroders, pour qui les premières baisses de taux de la Fed «ne devraient intervenir qu’en 2026, et abaisser les taux dès maintenant risquerait d’ancrer une inflation plus persistante».
CAC 40, S&P 500, Nasdaq… Quel potentiel sur les actions et les ETF selon l’analyse technique ? Et l’analyse financière ?
Du point de vue de l’analyse technique, le CAC 40 a jusqu’ici échoué à franchir (de façon nette et en clôture de séance) des obstacles clés. Et l’indice actions phare de la Bourse de Paris continue pour l’heure d’évoluer sous les obstacles horizontaux de 7 941-7 943 points et de 7 979-8 025 points, ce qui incite à une certaine prudence. Quant aux marchés actions américains, le S&P 500 et le Nasdaq sont respectivement au contact et en deçà d’obstacles notables. Mieux vaut ainsi rester vigilant sur la trajectoire des actions américaines.
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