Samedi 24 mai, l'intersyndicale des taxis a rendez-vous au ministère des Transports en présence du Premier ministre. Après cinq jours de mobilisation, les taxis ont obtenu un entretien avec François Bayrou pour évoquer le texte de loi censé entrer en vigueur en octobre prochain contre lequel ils ont déjà manifesté six fois. Le texte vise à contrôler la hausse de la dépense de transports sanitaires qui augmente année après année (6,74 milliards d’euros en 2024, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnés, soit +45% depuis 2019) et qui représente souvent une part importante du chiffre d’affaires des conducteurs de taxis.

Ces derniers manifestent aussi contre les voitures de transport avec chauffeur ou VTC qui travaillent avec des plateformes comme Uber. L’application a d’ailleurs dénoncé des violences et menaces contre certains de ces conducteurs. Sophie Primas, porte-parole du gouvernement, a estimé vendredi sur BFMTV que les agressions de chauffeurs VTC étaient «inacceptables». Cette rivalité est historique entre les deux services. Les taxis accusent les VTC de concurrence déloyale et de pratiques illégales. Appelant à un retour «au calme», le ministre des Transports, Philippe Tabarot a confirmé la mise en place prochaine d’un contrôle renforcé des chauffeurs VTC.

Des statuts qui diffèrent entre taxis et VTC

Si les taxis et les VTC effectuent les mêmes missions, les conditions d’exercice et de rémunération sont bien différentes. À commencer par le statut. Les chauffeurs de taxi doivent présenter un permis de conduire, une attestation médicale, une formation aux premiers secours et un casier judiciaire vierge. L’obtention d’un examen est obligatoire, il permet d’obtenir la carte professionnelle des chauffeurs de taxi. Il est fortement recommandé de suivre une formation avant de passer l’examen pour s’y préparer.

Les chauffeurs choisissent ensuite entre trois statuts : artisan, locataire de licence ou salarié. La première option nécessite de créer sa propre entreprise et d’être propriétaire de sa propre licence. Il est aussi possible d’en louer une auprès d’une entreprise spécialisée. Le chauffeur doit alors signer un contrat de location-gérance avec cette société pour autant, il doit tout de même créer sa propre entreprise et exercer son activité sous le statut d'indépendant. Enfin, il peut choisir d’opter pour le salariat. Dans ce cas, le chauffeur ne détient pas de licence personnelle.

Une rémunération davantage encadrée par la loi pour les taxis

Quant aux VTC, ils doivent eux aussi justifier d’un permis (depuis trois ans), d’un casier judiciaire vierge, passer un examen qui coûte environ 200 euros, obtenir la carte professionnelle VTC et s'inscrire au registre des VTC. Il peut ensuite choisir entre deux statuts : l’entreprise individuelle ou la société. Le chauffeur peut ensuite travailler avec une plateforme telle que Uber. Dans ce cas, le revenu minimal par course fixé à 9 euros est calculé déduction faite des frais de commission perçus par la plateforme. Selon le gouvernement, les chauffeurs VTC doivent être rémunérés de 30 euros minimum pour chaque heure travaillée. Uber précise : les revenus des chauffeurs VTC «dépendent de l’heure, du lieu et de la fréquence de (leurs) courses». Dans le détail, la plateforme explique que chaque course effectuée comprend «un prix standard, basé sur le temps de course et la distance parcourue». Un montant minimum est défini dans chaque ville. À cela s'ajoutent des frais de service voire d’annulation.

Les tarifs des chauffeurs de taxi sont plafonnés par la loi. Le prix comprend trois éléments : 4,48 euros maximum pour la prise en charge du client, 1,29 euro maximum par kilomètre parcouru et 41,76 euros maximum pour le prix de l’heure en cas d’attente du client ou si le client à des difficultés à se déplacer. Le tarif minimum d’une course est de 8 euros pour l’ensemble des taxis qu’ils soient parisiens ou non. En parallèle, des majorations peuvent être ajoutées dans certains cas, comme pendant une course de nuit dans la limite de 50% du prix. Des suppléments sont à prévoir dans certaines villes ou à proximité de certains aéroports.