Une opération de contrôle de grande envergure. Au lendemain de la menace d’une suspension pure et simple de Shein en raison de la vente de poupées à caractère pédopornographique, puis d’armes de catégorie A sur son site internet quelques jours plus tard, une opération de contrôle inédite des petits colis du géant asiatique de l’e-commerce a été lancée le 6 novembre dernier par les services des douanes de l’aéroport de Roissy.

Au total, ce sont plus de 320 000 colis qui ont été vérifiés au cours de cette opération. Comme le rapporte Le Parisien, certains craignaient que celle-ci n’ait pas été menée à son terme, même si elle s’est déroulée sous l’œil attentif des ministres des Comptes publics et du Commerce. Et le bilan est implacable : les contrôles effectués sur les produits non textiles ont «fait apparaître un taux de non-conformité avoisinant les 25 %», affirme la direction des Douanes. Parmi ces articles, elle énumère des «contrefaçons, absences de marquage sur les produits cosmétiques, absences de documentation technique sur les appareils électriques, non-conformités aux normes relatives aux jouets».

Shein se refuse à tout commentaire

En ce qui concerne les produits, qui représentaient la majeure partie des colis immobilisés, aucune donnée n’a été divulguée. «Si les produits textiles vérifiés ont laissé apparaître peu de non-conformité, ce résultat s’explique en raison de la modification de la politique commerciale de Shein», révèle la Direction des douanes. Le géant chinois avait, en effet, «fermé sa marketplace quelques jours avant l’opération douanière et ne vendait que des produits issus de sa propre marque».

Ce bilan diffère quelque peu des chiffres régulièrement cités sur le contenu des colis expédiés par Shein et des plateformes comparables. En effet, 96 % des produits étaient contrefaits ou non conformes dans le contrôle des produits importés en France en 2022, selon un rapport récent d’une mission d’information parlementaire. Sollicitée par nos confrères du Parisien, Shein n’a pas souhaité commenter.