
Le Tourville est de retour à Toulon. Sorti en juillet 2024 du chantier Naval Group de Cherbourg (Manche), le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) qui s’inscrit dans le programme Barracuda, qui a donné lieu à la classe Suffren, a été aperçu ces derniers jours à son port d’attache, rapporte Mer et Marine. Effectuant sa première sortie en mer le 12 juillet 2024 avant sa livraison à la Marine nationale, le Tourville - nom en hommage au vice-amiral et maréchal de France Anne Hilarion de Costentin de Tourville -, a ainsi réalisé plusieurs essais de sécurité et de bon fonctionnement de ses différents systèmes, à la fois en surface et en plongée.
Alors que le SNA doit être admis prochainement au service actif, le submersible avait engagé à partir de janvier 2025 une phase de déploiement opérationnel de longue durée, principalement dans l’océan Atlantique. Présent à Cherbourg en décembre dernier à l’occasion de la dernière cérémonie des couleurs de l’Émeraude, un SNA de la classe Rubis, le commandant de l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque (COMESNA), le capitaine de vaisseau Matthieu Delafoy, avait indiqué prévoir une admission au service actif du Tourville d’ici «le premier semestre 2025». Il rejoindra par conséquent deux de ses prédécesseurs de la nouvelle génération de SNA de la classe Suffren : le Suffren et le Duguay-Trouin, portant à cinq le nombre de SNA disponibles dans les rangs de la Marine avec les deux autres submersibles de la classe Rubis (le Perle et l’Améthyste).
Deux escales remarquées
En attendant le point de basculement vers le modèle «tout Suffren» et la livraison de trois nouveaux exemplaires (Rubis, Casabianca, De Grasse), le Tourville a déjà fait deux escales très remarquées lors de son premier déploiement opérationnel. Il a ainsi été aperçu en février 2025 au Portugal, ce qui a donné lieu à des exercices avec les forces lusitaniennes.
Quant à la seconde escale du submersible, cette dernière s'est déroulée au Canada, un lieu qui ne doit rien au hasard. Dans un contexte particulièrement tendu avec son voisin américain, cette halte a permis de donner un coup de projecteur sur la France et Naval Group, le concepteur du Tourville. Le Canada, qui possède le plus long littoral du monde, prévoit en effet de moderniser d’ici 2035 sa flotte sous-marine avec l’achat de six à douze sous-marins à propulsion conventionnelle. Alors que le coût de l’opération est estimé à 40 milliards d’euros, Ottawa a d’ores et déjà sollicité plusieurs constructeurs, dont Naval Group.


















