Le malheur des uns peut faire le bonheur des autres. Alors que le projet de loi de finances de 2026 n’a pas encore été adopté, Emmanuel Macron a promulgué la loi spéciale qui reconduit temporairement le budget 2025. Ainsi, si le gouvernement peut faire une croix sur un certain nombre de recettes, plusieurs mesures fiscales ne pourront pas s’appliquer l’année prochaine. C’est notamment le cas des dispositions relatives à l’impôt sur le revenu. «Les modifications prévues ne pourront pas s’appliquer», a affirmé la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, lundi 22 décembre.

De même, la réforme de l’abattement de 10 % dont bénéficient les retraités sur leurs pensions ne sera pas supprimée pour être remplacée par un abattement forfaitaire de 2 000 euros, comme le souhaitait le gouvernement, explique Le Monde. Ainsi, les retraités pourront continuer de bénéficier de cet abattement fiscal l’année prochaine. Idem pour les indemnités journalières versées aux personnes atteintes de maladies graves ou chroniques. Elles resteront exonérées d’impôt sur le revenu. La réduction du crédit d’impôt en faveur des services à la personne ne pourra pas non plus être appliquée.

La quête d’économies du gouvernement se complique

Le gouvernement s’est engagé à «sécuriser» certains crédits d’impôt arrivant à échéance au 31 décembre et qui avaient vocation à être prolongés, comme le crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique ou celui en faveur de la recherche collaborative. Mais Amélie de Montchalin prévient, si la loi de finances «n’advient jamais, alors ces crédits d’impôts ne seront jamais validés et les dépenses qui interviendront ne seront pas couvertes».

Ces mesures qui ne s’appliqueront pas en 2026 vont engendrer une baisse des recettes espérées par le gouvernement. «Les rendements attendus ne pourront pas du tout être appliqués et entrer dans les caisses de l’Etat», avoue la ministre de l’Action et des Comptes publics. Par exemple, avec son projet de réforme de l’abattement fiscal des retraités, l’exécutif espérait 1,2 milliard d’euros d’économies.