En juillet, l'inflation américaine est restée stable à 2,7 % sur un an, un niveau identique à celui de juin et légèrement inférieur aux prévisions, relaient Les Echos. Mais cette apparente accalmie cache une autre réalité, bien plus préoccupante pour les consommateurs américains : l'inflation «cœur» (hors alimentation et énergie) a progressé de 3,1 %, son rythme le plus rapide depuis février. Cette poussée est largement attribuée à la hausse brutale des droits de douane ces derniers mois, qui commence à se répercuter sur les prix des biens de consommation.

Certaines catégories sont particulièrement touchées. Les équipements audio, comme les enceintes portables, affichent ainsi plus de 12 % de hausse sur un an. Le café quant à lui grimpe de près de 15 %, avant même l'entrée en vigueur de droits de douane de 50 % sur le Brésil, principal fournisseur. Les voitures d’occasion ont vu leurs prix bondir de près de 5 %, soit «le rythme de hausse le plus rapide en près de trois ans», souligne Joseph Politano, économiste chez Apricitas Economics.

La Fed sous pression

Pour les économistes, la flambée des prix ne se limite pas aux produits directement taxés. «L'aspect préoccupant du rapport est que cette inflation induite par les tarifs s'accompagne également d'une hausse de l'inflation des services», alerte Florian Ielpo, de Lombard Odier. Ce phénomène redouté par la Fed pourrait enclencher un effet domino, faisant grimper l'ensemble des prix. Selon Alan Detmeister, ex-économiste de la Fed, «nous sommes aux toutes premières étapes de la diffusion» des droits de douane dans l'économie. Il estime que l'impact sur les services ne sera «probablement pas entièrement visible avant février prochain». D'après certaines études, l'ajustement complet des prix aux tarifs douaniers pourrait prendre de un à trois ans selon les produits.

A court terme, les marchés espèrent toujours que la Réserve fédérale relancera les baisses de taux dès sa réunion des 16 et 17 septembre. Une décision qui pourrait soutenir un marché immobilier en perte de vitesse et soulager des ménages confrontés à des taux hypothécaires élevés. Mais la persistance de tensions inflationnistes pourrait pousser Jerome Powell à temporiser. Donald Trump, lui, ne ménage pas le président de la Fed. Il a menacé mardi de poursuites judiciaires contre Powell, l'accusant d’avoir laissé filer le budget de rénovation de deux immeubles de la banque centrale.