
«Le Bernard Madoff du Var» face à la justice : Fabrice Denizet, ancien courtier indépendant, a été condamné ce jeudi 4 décembre à deux ans et demi de prison pour une escroquerie ayant touché environ 800 investisseurs pour un préjudice total de 33 millions d’euros. L’homme promettait des rendements mirobolants sur les investissements qu’il proposait, mais il s’agissait en réalité d’un système de Ponzi, rapporte Le Parisien. Agé de 59 ans et ayant déjà effectué une année de détention provisoire sous assignation à résidence avec bracelet électronique, il devra purger le reste de sa peine — environ 18 mois — sous bracelet électronique, a précisé le juge Pascal Gand.
Jugé à Marseille dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), Fabrice Denizet a été reconnu coupable de cinq délits : escroquerie, blanchiment, abus de biens sociaux, faux et usage irrégulier d’une marque. Il a également écopé d’une amende de 150 000 euros, de l’interdiction définitive d’exercer toute activité de courtage financier ou bancaire et de gérer une entreprise pendant cinq ans.
Des rendements faramineux allant de 8 à 30%
Le tribunal a en outre ordonné la confiscation de 4,8 millions d’euros sur ses comptes bancaires, ainsi que celle d’un véhicule de luxe et d’un chalet acheté 620 000 euros en 2009 à Vars (Hautes-Alpes). Cette affaire avait été révélée en 2012 suite à plusieurs signalements, notamment de l’Autorité des marchés financiers (AMF)et de la Société Générale, dont la marque avait été utilisée frauduleusement. Dès son interpellation, le courtier avait reconnu avoir mis en place un montage financier illégal, utilisant les fonds de certains investisseurs pour rembourser les autres.
A la tête de quatre agences dans le Var et une à Nice, il promettait des rendements allant de 8 à 30% et usait de faux documents et accords fictifs avec des établissements comme la Société Générale Asset Management ou Boursorama pour convaincre ses clients. Les sommes collectées servaient à ses dépenses personnelles, notamment des acquisitions immobilières en Floride. Au plus fort de son activité, il gérait 1 200 mandats de gestion pour environ 600 épargnants.
Pour limiter le préjudice des victimes, la Société Générale, partie civile, a signé 804 protocoles d’indemnisation pour un montant estimé entre 22 et 29 millions d’euros, avant de se retourner contre le courtier dans le cadre d’une procédure civile récursoire toujours en cours à Lyon. Dans le cadre du procès de Marseille, 820 personnes se sont constituées partie civile, principalement pour un préjudice moral. Trois audiences sur les intérêts civils sont prévues en mars, juin et septembre 2026. Affaibli par la maladie, Fabrice Denizet a reconnu avoir trompé clients et collaborateurs et a demandé «pardon à toutes les victimes».

















