Calée entre les élitistes Fenix, les plus abordables Vivoactive, et développée en parallèle des Forerunner dédiées aux coureurs, la gamme Venu joue la carte du juste milieu et de la polyvalence, en s’appuyant en plus sur l’expertise sportive de Garmin. Cette stratégie payante lui a permis de se faire une place de choix… mais rien n’est jamais gravé dans le marbre sur un marché où les plus grands acteurs de la tech sont en embuscade.

Garmin lutte depuis plusieurs années contre ces féroces concurrents. Sans surprise, la Venu souffre de la comparaison avec des montres connectées comme l’Apple Watch – pour ne citer qu’une “Watch” parmi tant d’autres –, toujours plus performante et sophistiquée. Durant les deux ans qui ont séparé la Venu 3 de sa devancière, les équipes de Garmin ont peaufiné leur stratégie : la Venu 4 hérite de nombreuses nouveautés, tant logicielles (interface et navigation, suivi sportif et santé bien plus poussé) que matérielles (boitier métal, écran plus lumineux, lampe-torche intégrée, ECG, GPS double fréquence) pour en faire la plus fiable et performante qui soit sur son segment tarifaire.

Seulement voilà, le prix de lancement de la Venu poursuit aussi son ascension : alors que la Venu 3 était 100 euros plus chère que la précédente, Garmin pousse encore le ticket d’entrée, plaçant sa montre à 550 euros pour la version 41 mm. Comptez 600 euros pour la version 45 mm, ce qui n’est clairement pas négligeable.

Nous avons testé la Garmin Venu 4 dans sa version 45 mm, firmware en version 15.33 et application Garmin Connect en version 5.19.12.

Qualité de fabrication : un bel écrin (4,5/5)

Si on omet la Venu X1, véritable OVNI chez le fabricant américain, Garmin ne prend pas de risque en matière d’esthétisme. La nouvelle Venu ressemble donc beaucoup à sa prédécesseure, mais aussi à la Forerunner 570, dont elle partage d’ailleurs bien d’autres points. Un air de déjà-vu dans la forme donc, où la sobriété prime. La Venu 4 repose sur un boîtier circulaire, ni trop fin, ni trop épais (14 mm), dont le poids est également dans une fourchette acceptable (56,2 g avec le bracelet en silicone, 38,6 g sans).

Un format très conventionnel, néanmoins la réalisation fait mouche
Un format très conventionnel, néanmoins la réalisation fait mouche © Benoit Campion pour Capital


La quatrième édition ne fait donc pas de prouesse sur ce plan, pour autant, le format a fait ses preuves et le confort aussi d’ailleurs. Le port est agréable, le bracelet en silicone lisse présent (encore et toujours, la montre n’est livrée qu’avec un bracelet, ce qui est assez dommage…) maintient bien la montre en place sans être irritant ou complexe à ajuster. Le système d’attache au boîtier – à dégagement rapide (22 mm) – demeure tout à fait standard et on pourra donc en changer facilement ou en réutiliser un.

Pas le boitier le plus mince qui soit, mais on l’oublie vite
Pas le boitier le plus mince qui soit, mais on l’oublie vite © Benoit Campion pour Capital

Il y a quand même une différence notable sur cette Venu 4 puisque le boîtier est désormais habillé d’acier inoxydable sur la partie visible – les capteurs étant toujours entourés de plastique –, donnant ainsi à la montre une meilleure allure. Sa lunette repose sur le même matériau. En outre, la montre passe à deux boutons mécaniques au lieu de trois. Pas de changement côté résistance, tout à fait conventionnelle car elle supporte l’immersion dans l’eau (5 ATM). Aucun problème pour nager ou prendre sa douche avec.

Écran : une dalle Amoled très confortable (5/5)

Dans sa version 45 mm, la Venu 4 conserve la même diagonale que sa prédécesseure, plus précisément, elle partage le même écran Amoled que les Forerunner 570/970 : dalle de 1,4”, définition de 454 x 454 et luminosité équivalente (sans préciser une quelconque valeur).

© Benoit Campion pour Capital

Dans les faits, comme nous l’avions remarqué dans le test de la Forerunner 570, il n’y a tout simplement rien de spécifique à lui reprocher. L’affichage est d’excellente qualité, la lisibilité est très bonne en toute condition, et le capteur de luminosité fait bien son travail pour adapter la luminosité. La Venu 4 offre un très bon confort pour consulter les informations et naviguer dans la montre.

Ergonomie : toujours plus de fonctionnalités, mais une interface assez touffue (4/5)

Dans un esprit d’uniformisation, et on ne va pas s’en plaindre, Garmin a rafraîchi l’interface de la Venu pour l’arrivée de la Venu 4. La petite nouvelle se rapproche de ses sœurs Fenix et Vivoactive, ce qui se ressent sur l’expérience d’utilisation, plus spécifiquement sur la navigation. Qui a déjà eu une montre Garmin récemment n’aura aucun problème à s’y retrouver ici, les autres devront passer par une phase d'apprentissage non négligeable, mais raisonnable.

Pas d’armée de boutons ni de couronne rotative ici, l’utilisation de la Garmin Venu se fait de manière “hybride” en utilisant à la fois sa surface tactile sensitive et ses deux boutons mécaniques latéraux – plus discrets au toucher que sur les Forerunner. On trouve aussi un assistant vocal (interne, hors-ligne) pour certaines actions.
Pas d’armée de boutons ni de couronne rotative ici, l’utilisation de la Garmin Venu se fait de manière “hybride” en utilisant à la fois sa surface tactile sensitive et ses deux boutons mécaniques latéraux – plus discrets au toucher que sur les Forerunner. On trouve aussi un assistant vocal (interne, hors-ligne) pour certaines actions. © Benoit Campion pour Capital

La montre dispense d’elle-même un petit tutoriel dès la première configuration, secondé par celui dans l’application Garmin Connect, regroupant infos, fonctions et réglages des montres connectées du constructeur. Une fois le pli pris et quelques aspects personnalisés selon ses goûts et ses usages, l’utilisation de la montre au quotidien est agréable, le réagencement des sous-menus et le style graphique font leur effet, même si l'on n'est pas sur la montre la plus moderne du moment.

On peut accéder à quatre interfaces à partir du cadran principal : un balayage du doigt vers le bas pour les notifications, un balayage vers le haut pour les widgets, un balayage vers la gauche/appui bref sur le bouton rond pour les activités/menu principal, un appui prolongé sur le bouton rond pour les raccourcis rapides.
On peut accéder à quatre interfaces à partir du cadran principal : un balayage du doigt vers le bas pour les notifications, un balayage vers le haut pour les widgets, un balayage vers la gauche/appui bref sur le bouton rond pour les activités/menu principal, un appui prolongé sur le bouton rond pour les raccourcis rapides. © Benoit Campion pour Capital

Du côté de l’application (et aussi l'interface web) on trouve difficilement plus riche… mais aussi plus intuitif. Le torrent d’informations a de quoi intimider au départ, et même après en avoir fait le tour, il faut un bon coup de personnalisation pour y voir clair. Au moins, nul besoin de jongler entre plusieurs applications pour utiliser pleinement la montre. Il y a bien une autre app, Garmin IQ Store, pour télécharger des applications tierces, mais elle est trop pauvre en la matière pour la conserver une fois son service de streaming musical ajouté (et la liste est très restreinte).

© Benoit Campion pour Capital

Bien qu’elle n'ait pas exactement toute la panoplie des fonctions dernier cri, la Venu 4 est une montre connectée assez polyvalente. Son haut-parleur et son microphone lui permettent ainsi d’agir en tant que kit mains-libres pour prendre brièvement des appels (la qualité étant passable). Ne comptez pas dessus pour répondre rapidement à des messages, ce qui est d’ailleurs impossible même avec l’écran tactile. On trouve aussi le paiement sans contact NFC via Garmin Pay (quelques-unes manquent toujours à l’appel).

La Venu 4 implémente les modes “Focus” ou de mise au point – aussi appelés modes de concentration par d’autres fabricants –, bien pratiques pour gérer le comportement de la montre instantanément, au moment d’aller se coucher ou de commencer une activité
La Venu 4 implémente les modes “Focus” ou de mise au point – aussi appelés modes de concentration par d’autres fabricants –, bien pratiques pour gérer le comportement de la montre instantanément, au moment d’aller se coucher ou de commencer une activité © Benoit Campion pour Capital

On apprécie grandement l’ajout de la lampe-torche, bien plus pratique au quotidien que la fonction liée à l’affichage d’un fond blanc lumineux sur l’écran, et plus puissante. Côté connectivité, on retrouve encore le Wi-Fi pour les mises à jour et téléchargement de musique (la montre n'intègre hélas pas de cartographie, à notre plus grand regret), le Bluetooth et l’ANT+ pour connecter des capteurs en tous genres (dont la liste a été enrichie sur cette nouvelle mouture), des casques et écouteurs.

Fonctions sport & santé : suivi précis, le plein de données pour la pratique sportive (5/5)

Tous les capteurs habituels sont de la partie dans la Venu 4 : cardiofréquencemètre Elevate Gen 5, oxymètre de pouls, gyroscope, altimètre barométrique, accéléromètre, capteur de température cutanée… de quoi offrir une belle panoplie de mesures et de scores de toute sorte avant, pendant et après l’effort, de la préparation à la récupération.

© Benoit Campion pour Capital

En somme, la Venu fait un joli bond en avant et se rapproche de la Forerunner 570 sur les fonctions sportives et liées à la santé. La différence se jouant principalement sur l’aspect fitness, la méditation et le suivi des activités de loisirs, un chouia plus poussés par la Venu 4. Pêle-mêle, on retrouvera les incontournables comme le suivi/score/coach de sommeil, l’analyse de stress, la VFC, le SpO2, le temps de récupération, l’état de forme (Body Battery), mais aussi les très pratiques scores de préparation et statut d'entraînement.

© Benoit Campion pour Capital

Comme les dernières Garmin, la Venu dispense un rapport matinal et de fin de journée pour faire le point, un écran “Aperçu santé” regroupant d’un coup d’oeil 5 mesures liées à son état de santé (équivalent de “Signes Vitaux” chez Apple par ex.) ainsi qu’un tout nouveau suivi de “style de vie” – sorte de mini journal à remplir sur son régime alimentaire et ses activités quotidiennes, assez fastidieux à tenir. L’ECG est aussi proposé d’emblée sur la montre (absent de la Forerunner 570).

© Benoit Campion pour Capital

Mentionnons aussi la présence d’une fonction “d’alarme intelligente”, censée optimiser le moment du réveil sur une plage de 30 min à l’heure définie. A ce propos d’ailleurs, le suivi global du sommeil nous a paru plutôt correct pendant notre période de test. Ajoutez à cela la myriade de profils de sports/activités pris en charge par la montre, les quelques programmes de coaching intégrés (course à pied, vélo, triathlon…). Si une poignée de fonctions restent réservées aux modèles les plus haut de gamme du constructeur, on constate qu’il y a de quoi faire et que l’accompagnement sportif peut être particulièrement poussé avec la Venu 4.

Mesure de la fréquence cardiaque : Venu 4 VS ceinture pectorale Polar H10 sur une séance de course à pied et une sortie en vélo
Mesure de la fréquence cardiaque : Venu 4 VS ceinture pectorale Polar H10 sur une séance de course à pied et une sortie en vélo © Benoit Campion pour Capital

Nous avons passé la montre sous notre batterie de tests habituels pour évaluer la fiabilité de son capteur cardio, déjà très satisfaisante sur la Venu 3. La Venu 4 s’est également révélée à la hauteur de la tâche en suivant de près notre capteur de référence, la ceinture pectorale H10 de Polar. La montre de Garmin peut avoir tendance à surévaluer légèrement, mais reste tout de même suffisamment proche de la réalité pour offrir un relevé et des analyses fiables.

Mesure de la fréquence cardiaque : Venu 4 VS ceinture pectorale Polar H10 sur une séance de musculation
Mesure de la fréquence cardiaque : Venu 4 VS ceinture pectorale Polar H10 sur une séance de musculation © Benoit Campion pour Capital

La Venu 4 n’est pas pour autant infaillible en toutes circonstances. Nous avons pu relever des décrochages occasionnels sur nos activités au cours des fractionnés et des artefacts plus réguliers lorsqu’il s’agit de badminton ou de renforcement/musculation, dont vous pouvez observer un extrait plus haut (la Venu 4 est représentée par la courbe rouge).

GPS : une très bonne géolocalisation… sans cartographie (4,5/5)

La Venu 4 s’offre enfin une puce GPS/GNSS double fréquence pour gagner toujours en précision sur la géolocalisation et l’appréciation de la distance, de l’allure etc. Le résultat est très satisfaisant, à l’image des montres milieu/haut de gamme du fabricant que nous avons eu l’occasion de tester.

La géolocalisation de la Venu 4 tient vraiment la route : sur le même trajet de course à pied en milieu urbain, la Venu 4 (courbe bleue) face à l’Apple Watch Series 10 (rose) à gauche, face à un iPhone (courbe orange) à droite
La géolocalisation de la Venu 4 tient vraiment la route : sur le même trajet de course à pied en milieu urbain, la Venu 4 (courbe bleue) face à l’Apple Watch Series 10 (rose) à gauche, face à un iPhone (courbe orange) à droite © Labo Capital

Les écarts existent encore, même lorsqu’on pousse le réglage de précision au maximum pour affronter les zones complexes (centre-ville, forêt dense), mais ils restent dans une fourchette largement acceptable. Le tracé retranscrit et les données communiquées sont donc particulièrement fiables. On reste déçu de ne pas pouvoir profiter de la cartographie : il faudra donc faire avec une carte sur fond noir pour suivre grossièrement son parcours.

La géolocalisation de la montre est nettement plus précise et réaliste que celle d’un smartphone dernier cri (Venu 4 en bleu, iPhone en orange)
La géolocalisation de la montre est nettement plus précise et réaliste que celle d’un smartphone dernier cri (Venu 4 en bleu, iPhone en orange) © Benoit Campion pour Capital

Autonomie : une bonne endurance (4/5)

Face à certaines de ses adversaires, la Garmin Venu 4 peut se targuer d’une autonomie nettement plus confortable. “Jusqu’à 12 jours d’autonomie en mode montre connectée” nous affirme Garmin. De notre côté, nous avons atteint les 5 jours d’autonomie avec une utilisation sportive quotidienne, l’affichage permanent, la plus grande précision GPS lors des activités extérieures et les paramètres les plus énergivores en matière de mesures. Nul doute que l’on peut gagner encore quelques jours en étant plus économe sur certaines options.

La recharge n’a pas été accélérée par rapport à la Venu 3 : il faut patienter une petite heure et demie pour faire le plein une fois la batterie à plat. On a connu plus rapide, mais compte tenu de la durée d’utilisation ensuite, cela reste raisonnable. La recharge s’effectue encore avec le câble propriétaire 4 points de Garmin.

Les deux meilleures alternatives à la Garmin Venu 4

Au tarif de lancement de la Venu 4 – rappelons-le entre 550 et 600 euros – il y a de quoi s’offrir de très belles montres connectées. Pour les utilisateurs encore plus exigeants ou davantage tournés vers le sport, avides d’endurance et de cartographie pour leurs aventures, il y a d’excellentes références dans la même écurie. On peut citer la Forerunner 965 et même l’Epix Pro si l’on veut retrouver la lampe-torche intégrée.

Garmin Forerunner 965 : le choix de la raison

Pour celles et ceux qui souhaitent une montre connectée la plus complète possible, tout en gardant une belle fiabilité des mesures et du suivi GPS, l’Apple Watch Series 10/11 et la Samsung Galaxy Watch Ultra (à choisir en fonction de votre smartphone) sont d’excellentes candidates.

Apple Watch Series 11: une excellente montre… au souffle court

Conclusion

La Venu 4 est une très bonne montre. Complète, bien finie et endurante, elle contentera pleinement les sportifs à la recherche d’un outil fiable capable de les accompagner pour toutes leurs activités, tout en offrant une certaine polyvalence pour un usage connecté moderne. Si le point fort de la Venu 4 repose sans surprise sur le volet sportif – de l’analyse des performances sous toutes les coutures, au coaching en passant par la gestion de la récupération – et qu’on apprécie l’intégration d’une lampe torche, elle accuse quand même encore un petit retard sur la concurrence sur l’interface et les possibilités connectées. L’absence de cartographie intégrée pourra aussi freiner les amateurs de randonnées, de trails etc.

Et au moment de passer à la caisse, la même problématique se pose que pour les dernières montres Garmin que nous avons pu accueillir dernièrement, la Forerunner 570 et la Vivoactive 6. En effet, il existe actuellement de très bonnes alternatives à la Venu 4. Ceux qui souhaitent poser un premier pied dans l’univers de la montre connectée sportive trouveront une solution bien plus raisonnable avec la T-Rex 3 d'Amazfit. Les plus technophiles seront davantage séduits par des “Watch” chez Apple et Samsung – très loin d’être ridicules sur le plan sportif – tandis que les sportifs très exigeants feront une bonne affaire en regardant du côté de certaines Garmin de générations précédentes, comme celles mentionnées plus haut. La Venu 4 est clairement une valeur sûre, mais pas forcément le choix de la raison sur le pur plan pécuniaire.

  • Qualité de fabrication : 4,5/5
  • Écran : 5/5
  • Ergonomie : 4/5
  • Fonctions sport & santé : 5/5
  • GPS : 4,5/5
  • Autonomie : 4/5

Certains liens sont affiliés et peuvent générer une commission pour Capital. Les prix sont mentionnés à titre indicatif et sont susceptibles d'évoluer. Le contenu présenté a été rédigé en toute indépendance par un journaliste professionnel.