Les salariés qui ont la possibilité d’avoir des tickets-restaurants le savent : ces derniers peuvent être utilisés dans les commerces ou les restaurants en semaine, à l’exception des dimanches et jours fériés. Alors qu’aujourd’hui près de 5 millions de Français y ont accès via leur entreprise selon une source du ministère de l’Économie datant de 2021, nombreux sont ceux à vouloir voir changer les règles de leur utilisation.

Dans cette optique, le SNARR, le principal syndicat de la restauration rapide, a demandé au gouvernement la généralisation pour tous les salariés qui en bénéficient, de son utilisation pour les dimanches et les jours fériés dans le cadre de la prochaine loi de modernisation des titres-restaurant actuellement en cours de concertation. En effet, aujourd’hui, seuls les salariés qui ne chôment pas ces jours-là sont autorisés à les utiliser après que leur entreprise ait fait une demande de dérogation, rapporte Le Parisien.

Bercy ne dit pas non

Afin d’appuyer sa demande dans ce sens, le syndicat a commandé une étude auprès de l’institut de sondage Odoxa. Et les résultats sont sans équivoque. Ainsi, parmi les sondés, 67 % se disent favorables à l’utilisation des tickets-restaurant les dimanches et jours fériés. «Si on isole les seuls salariés qui disposent de titres-restaurant, on est à 85 % d’opinion favorable», explique Esther Kalonji, déléguée générale du SNARR.

Toujours selon ce sondage, pour 48 % des personnes interrogées, cette modernisation de l’utilisation du titre-restaurant permettrait d’améliorer le pouvoir d’achat, quand 32 % estiment que cela permettrait de se rendre de façon plus régulière au restaurant en famille ou entre amis. Interrogé, le ministère de l’Économie ne ferme pas les portes à cette modification et se dit même «ouvert» sur le sujet. «Il y a des avantages et des inconvénients», nuance-t-il toutefois. Il faut dire qu’aujourd’hui, l’idée est loin de faire consensus. «L’idée est intéressante. Elle simplifierait la vie des salariés et apporterait du chiffre d’affaires», explique de son côté Romain Vidal qui siège au sein de la commission nationale des titres-restaurant (CNTR) qui tient à nuancer son propos. «Il faudrait que nous soyons libres d’accepter ou non les titres-restaurant les dimanches et jours fériés. Certains ont leur établissement rempli ces jours-là. Avec le niveau des taux de commission, ils n’ont pas forcément envie d’être payés avec ça», fait-il savoir.