
A peine annoncée, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe. D’ordinaire réservés aux achats alimentaires, dans la restauration ou dans les magasins d’alimentation, les titres-restaurants sont désormais acceptés chez Hema. Or, même si l’enseigne néerlandaise vend quelques gâteaux ou confiseries, il s’agit principalement d’une adresse spécialisée dans la décoration ou la papeterie. Une nouvelle qui a fait sortir de ses gonds le patron de Coopérative U. Interrogé par TF1 ce mercredi, Dominique Schelcher a d’abord rappelé qu’Hema était «une chaîne étrangère» et qu’il «n'y avait pas de produits frais».
Pour lui, ce genre de décision est un très mauvais signal : «On élargit trop, cela va trop loin, c'est la porte ouverte aux discounters étrangers. Et ce n'est pas le sens des tickets restaurants», a-t-il dénoncé. Fermement «contre» cette ouverture à Hema, Dominique Schelcher a rappelé que le but des titres-restaurants était au sein de la Coopérative U de «pouvoir faire un repas avec des produits frais, acheter des légumes ou une viande». Or, «on ne peut pas faire ça chez Hema». Cela provoque une «concurrence» sous-entendue déloyale pour les restaurateurs, a-t-il poursuivi.
L’Umih a demandé des explications à la Commission des titres-restaurants
Un coup de gueule qui va dans le sens de celui poussé par l’Union des métiers et des industries de l'hôtellerie. La veille, mardi 6 janvier, l’Umih s’était déjà offusquée, dénonçant un «foutage de gueule» au micro de RMC. «Désormais, il suffira à une chaîne de magasins de sport de commercialiser des barres énergétiques et des bouteilles d'eau et à des magasins de prêt-à-porter, quelques snacks ou friandises pour être éligibles au dispositif des titres-restaurant», ne décolérait pas son président régional (Ile-de-France), Frank Delvau.
Pour l’Umih, ce genre de décision «ouvrait une boîte de Pandore», raison pour laquelle elle avait envoyé dans la foulée un courrier à la Commission nationale des titres restaurants (CNTR), indique BFMTV, afin de l’interroger sur «les motivations réelles de la demande d’agrément formulée». Au moins jusqu’à la fin 2026, tous les produits alimentaires sont payables en titres-restaurants, même les viandes crues, le poisson frais, les féculents ou ceux vendus en rayon épicerie. Sauf dérogation, les friandises ne sont pas éligibles.



















