Les parlementaires, en janvier dernier, avaient acté l'utilisation des titres-restaurant en supermarché jusqu'en 2026. Les salariés concernés peuvent ainsi continuer à utiliser ce moyen de paiement, fourni par leurs employeurs, pour acheter des aliments non directement consommables. Les restaurateurs s'étaient élevés contre cette décision qui, selon eux, met à mal le secteur. Alors, la nouvelle annonce faite par la ministre du Commerce et des PME, Véronique Louwagie, ne va pas éteindre leur insatisfaction – bien au contraire.

Dans les colonnes de Ouest-France le 17 juin, la ministre a en effet indiqué que l'utilisation des titres-restaurant en supermarché serait – encore – prolongée, et ce au-delà de janvier 2027 : «Depuis février avec les restaurateurs, les salariés, les employeurs, les émetteurs et la grande distribution nous avons échangé sur l’avenir de cette dérogation. Nous finalisons le texte mais je veux aboutir au plus vite» a annoncé Véronique Louwagie, qui annonce que deux mesures sont décidées : la pérennisation du dispositif pour les produits non directement consommables, donc, mais aussi la dématérialisation.

Les restaurateurs dénoncent un «détournement» de l'usage de ces titres

D'après une étude de la Commission nationale du titre-restaurant, 96 % des utilisateurs souhaitent pouvoir continuer à utiliser ces tickets dans les rayons des grandes surfaces. Pas uniquement des aliments prêts à consommer, mais également des pâtes, du beurre ou de l’huile. La Fédération du commerce et de la distribution, quant à elle, estime que les salariés peuvent bien choisir librement où ils dépensent leurs titres-restaurant, dans la mesure où ils les financent en partie.

Les professionnels de la restauration, par la voix notamment de l'Umih, dénoncent un «détournement» de ces titres à leurs dépens. L'organisation préconise, pour contenter tous les acteurs en présence, l’instauration d’un double plafond, plus élevé pour la restauration que dans la grande distribution. La ministre du Commerce dit étudier cette possibilité tout en précisant qu'il faudra au préalable «vérifier sa faisabilité juridique». Concernant la dématérialisation complète des titres-restaurant, elle la justifie en mettant en avant que «la gestion du papier est très lourde pour les restaurateurs et les émetteurs doivent, de leur côté, anticiper pour ne plus avoir de stocks de papier au 1er janvier 2027». D'après Ouest-France, l’accord final sera annoncé ces prochains jours.