
L'éducation financière s'étend à un public de plus en plus large. Depuis 2020, même s'il n'est toujours pas obligatoire, le passeport «Educfi» s'adresse par exemple aux élèves de 4e. Un module de deux heures assorti d'un questionnaire pour aborder les fondamentaux (budget, compte bancaire, épargne, crédit, moyens de paiement, prévention contre les arnaques…) qui a été rempli par 340 000 collégiens l'année dernière. A l'occasion de la semaine de l'éducation financière (du 17 au 23 mars), la Banque de France a également fait le point, lors d'une conférence de presse, sur l'extension de ce dispositif, qui s'est ouvert, depuis la dernière rentrée scolaire, aux classes de seconde en lycées professionnels, aux lycées agricoles, et - depuis janvier - aux lieux de détention.
Signe de cette extension de l'éducation financière, la culture des Français en la matière tend également à progresser. Pour l'évaluer, c'est une enquête menée à l'échelle de l'OCDE (38 Etats membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques) qui fait référence. Effectuée tous les deux ans, la dernière a été conduite en 2023, et la prochaine version le sera cet été. A l'aide d'un questionnaire commun adressé à tous les pays membres, l'OCDE peut ainsi conduire des comparaisons internationales. Lors de la publication des derniers résultats, la Banque de France notait ainsi que «les Français âgés de 18 ans et plus détiennent une culture financière proche de la moyenne de l’OCDE (...). La France se classe 14ème sur les 39 pays ayant participé à l’enquête».
Quelles notions donnent le plus de difficultés aux Français ?
Dans sa synthèse, la Banque de France notait par exemple «que les Français maîtrisent mieux l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat, ainsi que le rapport entre risque et rendement». En revanche, «la connaissance du mécanisme des taux d’intérêt simples ou composés et de l’impact de l’inflation sur l’épargne mérite d’être améliorée». Pour nous rendre compte de la difficulté de ce test, nous avons soumis les 11 questions mettant plus en difficulté les Français à trois experts de l'épargne et des finances personnelles. Pour vous faire votre propre idée, vous pouvez également essayer d'y répondre plus bas.
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Premier bon point, «on voit qu'une notion de base importante comme le taux du Livret A est abordée», remarque Thomas Perret, et président de Mon Petit Placement, une fintech qui cherche à démocratiser l’investissement financier. Concernant les questions suivantes, portant sur le calcul des intérêts, «elles sont fondamentales aussi» pour Marc Tempelman, co-fondateur de l'application d'épargne Cashbee : «C'est en effet à partir de trois questions, dont ces deux-ci, que l'économiste Olivia Mitchell a élaboré un test permettant de mesurer l'éducation financière à l'échelle mondiale.» Hélas, comme le note la Banque de France, le calcul des intérêts est une notion encore mal comprise : 50% des sondés répondent correctement à la question n°2 et 40% seulement à la n°3.
Des ressources en ligne pour comprendre le calcul de vos intérêts
Pour mieux saisir la notion d'intérêts composés qui se cache derrière - c'est-à-dire le fait que les intérêts générés chaque année génèrent eux-mêmes des intérêts les années suivantes, avec un effet exponentiel -, Vincent Grard, directeur France de la plateforme d'épargne Trade Republic, recommande l'utilisation d'un simulateur d'épargne en ligne : «Il suffit d'entrer un montant fictif d'épargne, son rendement et sa durée, pour voir comment les intérêts augmentent de façon exponentielle à mesure que le nombre d'années d'épargne augmente.»
Autre notion cruciale abordée dans ce questionnaire, celle des frais : «Il est important de saisir sur un investissement de long terme comment même 1% de frais sur 20 ou 30 ans peut considérablement grignoter votre capital», note Vincent Grard. D'où la pertinence de la question sur le TAEG (taux annuel effectif global) auquel sont confrontés les emprunteurs. Pour mesurer cet impact, un simulateur est également disponible sur le site de l'Autorité des marchés financiers (AMF) : «Quel est l'impact des frais sur votre rendement ?»
Des produits très spécifiques, moins cruciaux
A l'inverse, certaines notions paraissent moins essentielles à nos experts, qui se sont eux-mêmes cassé les dents dessus : «Même en tant que professionnel du secteur, j'avoue ne pas connaître de tête le taux moyen des agios pratiqués par les banques», admet Thomas Perret. Il n'est donc pas étonné que 40% des sondés concèdent eux aussi ne pas connaître la réponse. De même, il n'est pas alarmant pour nos experts que tous les Français ne connaissent pas l'«offre bancaire spécifique» - réservée aux personnes en situation de fragilité financière - ou le «crédit renouvelable», qui est un type de prêt à la consommation particulier. «Il est important de connaître les risques associés à ce dernier produit», note toutefois Thomas Perret, mais ne pas avoir connaissance de son fonctionnement en détail ne relève pas d'un manque de culture financière.
Si vous souhaitez également tester le niveau de connaissance financière de vos enfants, vous pouvez retrouver ci-dessous les questions posées aux collégiens dans le cadre du passeport «Educfi», en principe passé en classe de 4e. Le questionnaire aborde déjà des notions sur lesquelles les adultes sont interrogés, comme le calcul des intérêts générés par un placement.



















