La nouvelle année approche, et avec elle, l'heure de revoir sa stratégie patrimoniale : faut-il laisser le Livret A aux oubliettes ? Faut-il craindre un krach boursier ? Quelles stratégies privilégier pour optimiser sa fiscalité en 2026 ? Pour vous accompagner dans ces grandes décisions de début d'année, nous avons recueilli en vidéo les analyses de trois spécialistes de l'épargne, qui partagent leurs projections et recommandations pour l'année prochaine.

Dans ce dernier volet, nous avons rencontré Corentin Hué, directeur de Finary One (l'offre de banque privée de la plateforme Finary, lancée en 2024). Il nous livre son expertise sur l'investissement en Bourse, via des ETF, et sur les enveloppes à privilégier pour ce faire. Il donne également quelques conseils à ceux qui souhaiteraient profiter de la nouvelle année pour se lancer dans l'investissement en cryptomonnaies.

Des livrets à conserver, même pour les hauts patrimoines

Pour commencer, même si les livrets réglementés subissent des baisses de rendement - et font l'objet de nouvelles propositions d'imposition - ils gardent, selon Corentin Hué, un rôle indispensable dans un patrimoine, quel que soit sa taille : «Pour nous, le Livret A va garder en intérêt, pour une raison simple : ce n'est pas un investissement, mais un placement de trésorerie. Son avantage central est d’être mobilisable à chaque instant.»

L'objectif n'est donc pas de faire fructifier son argent sur ce support, mais de se prémunir contre les imprévus. Corentin Hué recommande de placer sur cette enveloppe l'équivalent de «six mois de revenus», et de réserver le reste de son capital à des supports ayant un objectif de performance supérieur. C'est le cas, par exemple, des ETF (Exchange Traded Funds), des instruments financiers qui permettent de se positionner sur un large panier d'actions à moindres frais.

Attention aux ETF en doublon

Toutefois, cet outil demande une certaine vigilance, notamment pour les investisseurs débutants. «Il faut être assez prudent, pour éviter la surpondération sur certains secteurs ou zones géographiques et le chevauchement, c'est-à-dire utiliser plusieurs ETF qui vont acheter la même chose.», préconise l'expert. Concernant l'enveloppe fiscale, le choix est clair : pour les jeunes investisseurs avec un horizon supérieur à cinq ans, le Plan d'épargne en actions (PEA) est le support le plus pertinent pour acheter des ETF, grâce à son avantage fiscal à la sortie. La stratégie optimale, selon l'expert, est d'utiliser le PEA jusqu'à son plafond de 150 000 euros, puis de basculer vers le compte-titres ordinaire pour continuer à investir.

Pour les cryptos : définir sa limite et lisser son entrée

Pour les épargnants tentés par les actifs numériques, Corentin Hué donne trois conseils fondamentaux pour aborder cette classe d'actifs réputée pour son extrême volatilité. D'abord, définir son risque. Il est impératif d'anticiper la perte potentielle. «Le premier conseil pour un débutant en crypto : déterminer une enveloppe qu'on est prêt à risquer et à perdre, car les cryptos sont beaucoup plus volatile que les marchés financiers.» Deuxièmement, il faut sécuriser ses placements. L'usage de plateformes agréées est non négociable. L'expert recommande d'utiliser des PSAN (Prestataires de Services sur Actifs Numériques), des acteurs régulés en France.

Enfin, lisser son point d'entrée. Il est impossible d'acheter au meilleur moment. Pour minimiser le risque lié aux variations de prix, l'expert conseille d'adopter le plan d'investissement programmé (Dollar Cost Averaging - DCA). «C'est un actif très dur à lire, une des meilleures façons d'investir est de faire des plans d'investissement. Investir sur une période donnée des petits montants, ainsi, on lisse son point d'entrée.»