
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est au centre de nombreux débats ces derniers mois. Cet outil, qui doit normalement informer objectivement les potentiels acheteurs ou loueurs sur la qualité d’un logement, est parfois très peu fiable. Et pour cause, selon RMC, un rapport démontre les pressions dont font l’objet les diagnostiqueurs pour les pousser à attribuer de meilleures notes que celles réellement justifiées. Parmi ceux qui exercent ces pressions figurent les propriétaires et les agences qui veulent à tout prix vendre rapidement et plus cher, car le DPE influence directement le prix de vente ou encore la possibilité de louer ce bien.
Pourtant, le processus pour établir un DPE est complexe. En tout, ce sont environ 200 critères qui sont pris en compte. Parfois, cette complexité laisse place à une marge d’interprétation. Certains logements qui viennent d’être rénovés obtiennent une note de F ou G, alors que d’autres logements peu rénovés obtiennent des notes flatteuses, mais qui ne résistent pas à un contrôle plus poussé.
Des diagnostics faussés pour faciliter une vente
C’est ce qui est arrivé à Marie, une nouvelle propriétaire interrogée par RMC. «On a acheté une maison des années 80 avec un diagnostic D présenté par l’agent immobilier», raconte-t-elle. Sauf qu’après l’achat, Marie et son compagnon engagent des travaux de rénovation énergétique grâce au dispositif MaPrimeRénov. L’accompagnateur agréé refait un DPE pour arriver à une note bien différente, puisque la maison est finalement classée F. Selon l’accompagnateur, les nouveaux propriétaires avaient eu précédemment «un DPE d’agence immobilière».
Ce genre de pratique est répandu, et Marie n’est pas la seule à en avoir été victime. Mais parfois, ces DPE peuvent aller dans le sens des acheteurs. Béatrice, infirmière, interrogée par RMC, explique avoir vu le propriétaire du bien qu’elle projetait d’acheter lui proposer un DPE G. Elle rappelle alors le technicien et lui explique que si le diagnostic présente une meilleure note, alors elle pourrait acheter la maison. Le technicien lui donne alors un nouveau diagnostic du bien, avec la note F.
Des diagnostics améliorés dès 2026 ?
Un changement de loi, entrant en vigueur en janvier 2026, portera sur les modes de calcul de l’énergie réellement consommée dans les DPE. Selon des estimations, grâce à ce changement, ce seront environ 700.000 résidences principales qui ne seront plus catégorisées comme passoire thermique, sans avoir besoin de rénovation. Une situation qui bénéficiera probablement aux propriétaires qui souhaiteraient vendre des biens immobiliers aux DPE peu flatteurs.

















