
Quelle sera l’évolution du marché du crédit immobilier dans les 12 prochains mois ? Elle va largement dépendre de la trajectoire des taux d’intérêt et pour le moment, les signaux convergent vers une hausse modérée. Après s’être établis autour de 3% à 3,2% fin 2025 sur 20 ans, les barèmes pourraient évoluer vers 3,3% à 3,4%, dans un contexte économique moins porteur et de politique monétaire toujours prudente. Une progression contenue, qui resterait toutefois très inférieure aux niveaux observés avant 2020.
Cette remontée des taux entraînerait malgré tout une légère érosion de la capacité d’emprunt. Une hausse de 0,3 point réduit ainsi le budget immobilier d’environ 3% à 5%, selon la durée du crédit. L'impact est donc réel, mais encore absorbable pour les ménages disposant d’un apport personnel et d’une situation financière stable.
Un élément clé explique cette sensibilité : les banques ne fixent pas leurs taux au hasard. Pour les crédits à taux fixe, elles se basent sur le coût de l’argent, lui-même influencé par les taux directeurs de la Banque centrale européenne et par les taux de marché à long terme, notamment le rendement des emprunts d’État français à dix ans (OAT 10 ans). Lorsque ces références progressent, les barèmes immobiliers suivent.
Des banques toujours actives, mais plus sélectives
En 2026, les établissements bancaires devraient rester présents sur le marché du crédit immobilier, sans pour autant revenir aux conditions très favorables d’avant 2022. Le cadre d’octroi demeure strict, avec notamment un taux d’endettement plafonné à 35%, c’est-à-dire que le total des mensualités de crédit ne peut pas dépasser un peu plus d’un tiers des revenus nets du ménage. La stabilité des revenus et la solidité des dossiers restent des critères déterminants, conformément aux orientations de la Banque de France.
Si les conditions tendent à se durcir, la concurrence continue ainsi de jouer. Bonne nouvelle notamment, certaines banques prolongent des offres à taux bonifié, proposées en dessous des barèmes standards, généralement sur des profils ciblés : primo-accédants, ménages aux revenus stables ou dossiers jugés peu risqués. Ces dispositifs restent toutefois limités dans le temps et conditionnés à des critères précis, comme la domiciliation des revenus.
En définitive, les banques devraient rester prêteuses en 2026, mais dans un cadre plus normalisé. Le marché ne semble pas prêt à renouer avec les taux exceptionnellement bas des années passées. Pour autant, le crédit immobilier demeure un produit d’appel stratégique pour les banques, utilisé pour capter ou fidéliser une clientèle sur le long terme, malgré des marges sous pression.
Dans ce contexte, attendre un retour à des conditions de financement hors normes apparaît de moins en moins réaliste : alors si vous avez un projet d'achat immobilier, ne tardez pas trop à vous lancer.
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