Exigée par les banques pour couvrir les risques susceptibles d’empêcher le remboursement du crédit en cas de décès, d’invalidité ou d’incapacité de travail, l’assurance est généralement contractée auprès de la banque prêteuse, sous la forme d’un contrat groupe.

Ces contrats reposent sur une tarification mutualisée, peu adaptée aux profils individuels, avec des taux généralement compris entre 0,25 % et 0,40 % du capital emprunté.

Une liberté de résiliation favorable aux économies

Longtemps encadrée, la possibilité de changer d’assurance s’est considérablement assouplie. Depuis l’entrée en vigueur de la loi Lemoine en 2022, la résiliation est possible à tout moment, sans frais ni pénalités, sous réserve de présenter un contrat offrant des garanties équivalentes à celles exigées par la banque. Cette liberté accrue permet une mise en concurrence plus efficace des assureurs. Les contrats individuels proposés par des assureurs alternatifs reposent sur une tarification personnalisée, tenant compte de l’âge, de la profession ou de l’état de santé. Pour les profils les moins exposés au risque, les taux peuvent ainsi descendre sous les 0,15 %, créant un écart significatif avec les contrats bancaires.

La renégociation de l’assurance emprunteur suppose de réunir l’offre de prêt et son tableau d’amortissement, le contrat d’assurance en cours ainsi que la fiche d’information standardisée (FIS). La demande doit être complétée par la proposition du nouvel assureur et son attestation d’équivalence de garanties. La banque dispose alors de dix jours ouvrés pour se prononcer. Cette mise en concurrence peut également l’amener à revoir les conditions de l’assurance existante.

Un impact concret sur le coût total du crédit

Les économies potentielles dépendent principalement du capital restant dû et de la durée résiduelle du prêt. Sur un crédit immobilier de 250 000 euros contracté sur vingt ans, le coût total de l’assurance peut dépasser 25 000 euros. Une renégociation en cours de prêt peut permettre d’économiser des centaines d’euros par an et plusieurs milliers sur la totalité de la période de remboursement, sans modifier les conditions du crédit.

Par ailleurs, contrairement aux contrats bancaires indexés sur le capital initial, de nombreuses assurances alternatives sont calculées sur le capital restant dû, entraînant une baisse progressive du coût au fil des remboursements. L’ajustement des quotités entre coemprunteurs ou la suppression de garanties optionnelles peu pertinentes peuvent renforcer ces gains. Autant de leviers qui expliquent pourquoi la renégociation de l’assurance emprunteur s’impose comme un outil d’optimisation financière à part entière.